Nous
devons à l'érosion glaciaire du quaternaire le modelage du site de LOURDES ,
et nous pouvons penser que le piton central sur lequel s'édifie le Château
fort, a sans doute servi de refuge protecteur à l'homme dès l'age de pierre.
Mais nous ne savons toujours
pas , si le LOURDES-Village fût antérieur ou postérieur au
LOURDES-Chateau-Fort. Certains parlent d'un oppidium romain "l'oppidium
novum de l'itinéraire d'Antonin et d'une existance d'une cité, et
d'une occupation peut-etre militaire dont furent mises à jour des vestiges du
IIIè siècle après JC. ( marbres, monnaies, céramiques), puis des vestiges
du VII-VIIIè siècles ( sarcophages de pierre provenant des carrières du
Béout voisin). Ce dont on a la certitude, c'est celle de l'occupation
par l'homme de ce site et cela depuis la lointaine civilisation pyrénaique,
jusqu'à la fin de la civilisation antique.
Le chateau-Fort de
LOURDES n'entre toutefois dans l'histoire officielle qu'à partir du XIè
siècle ( le nom de LOURDES est cité dans une charte de l'année 1030),
époque où les comtes de Bigorre en font leur principale résidence.
Abandonné au profit du
Château de Tarbes au XIIè siècle, sa mission devient dès lors
exclusivement militaire.( de part sa situation stratégique de premier ordre en
contrôlant l'axe économique et guerrier entre la Bigorre, le
Béarn et les hautes vallées du Lavedan. Et un de ses points forts fut
de résister au siège infructueux de Simon de Montfort.)
Selon les vicissitudes de la
politique, il passa sous le contrôle des rois d'Aragon, des vicomtes de
Béarn , des comtes de Champagne ou des Rois d'Angleterre. Et selon la
légende, il abrita pendant un demi-siècle une compagnie de routiers
réputés pour leurs actes de pillages sur une bonne partie du piémont
Pyrénéen. Ces derniers ne cédèrent cette place-forte qu'à la suite
de tractations financières , et non de victoire militaire.
Les Rois de France la
conservèrent pendant 3 décennies avant de la rétrocéder au comte de
Foix-Béarn en 1425.
Le Moyen Age s'achève
et la forteresse conserve une solide réputation de place forte de premier
ordre, considérée inexpugnable avec ses 4 tours, ses remparts, son logis
seigneurial et ses casernements.
La pacifique administration
des comtes de Foix-Béarn , devenus rois de Navarre à la fin du XVè siècle
fait entrer le Château de LOURDES dans une période de tranquillité jusqu'au
commencement des guerres de religion.
Nous le verrons dès lors
tenu tour à tour par les catholiques, puis par les protestants, résistants
victorieusement aux sièges qu'on lui impose. Et la paix revenue avec
l'accession à la Couronne de France de Henri IV, LOURDES entre dans la
couronne avec l'ensemble des ses états par l'édit du 18 juillet 1607.
Et dès lors, le Château a
deux missions à assurer :
- surveiller les émotions
populaires
- et surveiller les ports
pyrénéens
Pendant toute une période,
il sera géré par divers gouverneurs et capitaines . Ce qu'on retiendra
ce sera sa métamorphose. D'abord à l'initiative d' Henri IV, puis à partir
de 1590,il sera remanié par l'architecte Jérome Vise qui supprimera les
tours médiévales, lui donnant l'allure d'une forteresse horizontale propre
à affronter l'artillerie moderne. Des réparations aussi, suite aux
destructions des divers tremblements de terre tout au long du XVIIè siècle.
Il recevra en 1685 la visite de VAUBAN qui rédigera un mémoire
sur le Château.
Désormais
entretenue par les services du génie militaire de Bayonne, la forteresse
toujours classée place frontière avec 107 autres en France poursuit son
inévitable déclin stratégique, et ne doit sa célébrité qu'à sa qualité
de prison d'état.
A
partir du XVIIè siècle, le Château de LOURDES devient prison royale
et accueille un certains nombres de détenus, des huguenots
réfractaires à la révocation de l'Edit de Nantes, des soldats déserteurs
des armées régulières, des personnalités en tout genre tels duc, baron,
avocat et même philosophe. LOURDES devient symbole de l'arbitraire
monarchique, tandis que la ville, profite des retombées financières de la
présence d' une garnison de 200 hommes.
L'achèvement
du réseau routier pyrénéen désenclave LOURDES et la prépare à une
nouvelle vocation touristique.
Passé,
l'enthousiasme de la révolution de 1789, le gouvernement révolutionnaire
l'utilise pour réemprisonner les opposants notamment les sujets originaires
du pays basque. Le Consulat et l'Empire lui conservent cette fonction.
Le Château recevra chefs chouans, opposants royalistes . C'est en cette
époque que Vincent de Chaussenque, futur pyrénéiste procèdera à la
couverture du donjon afin de protéger les cellules.
Toutefois
son intérêt stratégique sera devenue inexistante puisque WELLINGTON
en 1814 à la veille de la bataille de Toulouse déploiera son armée dans la
plaine de Tarbes sans se soucier de la présence du Château.
Considérée
comme un monument romantique par les voyageurs se rendant à Bagnères,
Barrèges ou Cauterets, ce ne sera plus qu'une halte pittoresque sur le
chemin de la montagne.
Son
rôle stratégique réduit à néant puisque l'Espagne s'efface de la scène
internationale, et que l'ALGERIE devient de 1828 à 1856 le seul point
de l'expansion Française. Le Château deviendra terrain d'école pour les
jeunes officiers du génie militaire qui devaient se faire la main.
Ainsi seront détruits et reconstruits logis du commandant, porte d'entrée et
pont levis, poudrière, casernements, muraille de la 1/2 lune, chemin de ronde
et chapelle...
Sous
le 2ème empire, son effectif est fortement rabaissé. Déclassé du rang de
place forte en 1889, le château sera mis en vente et racheté par la ville de
LOURDES.
Abandonné
sur son rocher solitaire, elle ne sera réveillé qu'en 1870 avec l'arrivée
de prisonniers prussiens, ,puis en 1914 par l'arrivée
de soldats alsaciens enrôlés par l'armée allemande avant leur réinsertion
dans l'armée française.
A
partir de 1920, c'est sous l'administration du Touring-Club de FRANCE et de
Louis LE BONDIDIER qu'une orientation culturelle est donnée au Château. Et
c'est en mi-septembre 1922 que naîtra le Musée Pyrénéen qui connaîtra
entre les 2 guerres une certaine expansion.
A
l'après guerre, avec l'afflux des pèlerins sans cesse augmentant, il devient
le 3ème monument le plus visité de FRANCE.
Tel
est brossé à grands traits , l'itinéraire historique du Château de
LOURDES, des origines à nos jours, symbole bien vivant de l'identité
pyrénéenne et que l'on retrouve à travers son musée Pyrénéen.
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