Pour illustrer et argumenter notre thèse sur l'existence de la Voie jacquaire de la Garonne, nous citerons 2 auteurs
qui dans leurs articles surent mettre en évidence l'existence passée de cette grande voie. Bien évidement , il s'agit d'extraits et nous
recommanderons aux internautes intéressés par le sujet de se reporter aux ouvrages en question.
Nous devons à Henri TREUILLE du centre d'etudes compostellanes un article intitulé AUTOUR D'UNE VARIANTE DU CHEMIN DE
SAINT-JACQUES DE TOULOUSE VERS LE HAUT COMMINGES et paru dans les cahiers de Fanjeaux (Editeur PRIVAT 1980 )
dans le livre n°15 Le PELERINAGE d'une quinzaine de page où il nous argumente l'existence d'une route jacquaire
remontant la garonne.
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Une variante du chemin de Saint-Jacques sur la haute-Garonne... Il est en effet bien certain que le chemin principal
de Toulouse au Somport, c'est-à-dire la route d'Arles du Guide, fut la route Toulouse-Auch dont les témoignages sont
nombreux, qu'il s'agisse de récits, d'itinéraires ou de toponymie... mais la route qui remontait la Garonne n'est pas
orpheline pour autant et possède divers patronages s'appuyant tant sur la réalité de la route que sur les étapes qui
s'y lisent.
Et pour commencer il s'agit de la plus ancienne route puisque l'itinéraire d'Antonin la décrit de Toulouse à Dax
par Lugdunum Convenarum (St-Bertrand de Comminges), Aquae Convenarum (Bagnères-de-Bigorre). Beneharnum (Lescar) d'où se
détachait la route du Somport...
cette digression à l'écart de notre route permet d'affirmer la permanence relative du chemin où se
trouvait la Salvetat Saint-Jacques sur Garonne, chemin qui n'était pas d'ailleurs exactement celui décrit tout à l'heure entre
Toulouse et Martres-Tolosane, il en était une légère déviation le long du fleuve : Toulouse à Muret par Portet et Roques, puis de Muret
au Fauga : le chemin de Vasconia dont le nom élargit singulièrement l'importance, puis Noé, Carbonne (en 1256), Salles,
la Salvetat Saint-Jacques, Saint-Julien, Cazères et Palaminy.
Chemins de l'église de Compostelle ou de Cluny ....
Henri TREUILLE nous parle des bastides crées sur le chemins, des divers possibilités de chemins dans le secteur empruntées
par les pèlerins,il nous parle de tous les témoignagnes jacquaires sur le chemin, des confréries saint jacques , et du patrimoine jacquaire
que l'on peut observer de nos jours de part et d'autre de la Garonne, avant de conclure par
On peut penser que celle-ci ( la voie de la garonne ) a peut-être été, à une certaine époque, mieux qu'une variante
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Bernard Duhourcau fut un défenseur de la Voie du Piémont Pyrénéen. Dans ses articles, il décrivit la Voie de la Garonne,
une des composantes importantes parmi les voies d'alimentation de la Voie du Piémont Pyrénéen.
Nous reproduisons ici, un extrait de ses articles , tiré soit de l'ouvrage 'Vers compostelle la voie du Piémont pyrénéen' Editions J&D 1993 ou
de 'La Voie du Piémont Pyrénéen : cinquième chemin de Compostelle' articles parus sur la Revue PYRENEES 1991
(voir références dans partie bibliographie).
CAP SUR SAINT-BERTRAND
Alors que de Toulouse au Somport, Aymeri Picaud ne signalait rien, les Languedociens connaissaient la réputation de
l'évêqùe thaumaturge Bertrand de Lisle reposant dans sa cathédrale bâtie sur le site de la ville romaine de Lugdunum
Convenarum en Comminges. Ce sanctuaire, si sa renommée s'était réduite au XVIIe siècle à un rayonnement très local,
attirait au Moyen Age un concours de visiteurs difficile à imaginer de nos jours puisqu'on note parmi ceux qui le
fréquentèrent des clients de Saint-Thomas de Cantorbéry et des pèlerins allemands. Rien d'étonnant alors que l'on
retrouve le culte de saint Bertrand jusqu'au fond des pays germaniques, par exemple à Gratz en Styrie.
Quittant la basilique dédiée à saint Saturnin à Toulouse, notre pèlerin prenait le tracé de l'ancienne voie romaine
de Toulouse à Dax. Celle-ci longeait la Garonne en passant par des localités évocatrices de martyrs et de héros des
premiers âges du christianisme. Martres-Tolosane était un rappel des Alyscamps d'Arles. Saint-Martory lui faisait
connaître la légende de saint Vidian, avatar peut-être du jeune neveu de Charlemagne Vivien, mort au combat contre
les Sarrazins. Saint-Gaudens évoquait le martyr de l'innocent petit berger massacré par un Maure au cours d'une incursion
au nord des Pyrénées. Au XIVe siècle on y vénérait le bâton qui servait à saint Bertrand pour activer sa monture.
Là, quittant le rebord du plateau, la voie romaine traversait la Garonne et par Valentine, où les fouilles ont fait
apparaître une villa et une chapelle primitive, se dirigeait vers celle qui venait de Montréjeau.
A Labroquère, un pont permettait de passer sur la rive gauche de la Garonne et d'aborder le site de ce qui avait
été la grande cité de Lugdunum Convenarum (Lyon des Convènes). Ce n'était depuis le Ve siècle, après l'assaut conjugué
des Francs et des Burgondes qu'un immense champ de ruines. La curieuse église de Valcabrère racontait dans ses murs
l'histoire des splendeurs détruites.
A l'entrée de la vallée s'ouvrant au sud, se détachant sur le fond sombre des forêts de la Barousse, le pèlerin voyait
se dresser l'acropole de la cité médiévale, surmontée du chantier de la cathédrale que Bertrand de Lisle avait dédiée à la
Vierge et où il reposait dans son tombeau, assailli d'une foule de visiteurs venus chercher qui, une guérison, qui, une grâce
personnelle.
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