SANTA CHRISTINA Et LE SOMPORT



dans le guide du Pèlerin d'Aimery picaud, on trouve dans le paragraphe NOMS DES VILLES ET BOURGS SUR LE CHEMIN DE SAINT-JACQUES, l'extrait suivant :
Depuis le Somport jusqu'à Puente la Reina, voici les villes et les bourgs qui se trouvent sur la route de Saint-Jacques : il y a d'abord au pied de la montagne, sur le versant gascon, Borce ; puis, après avoir franchi la crête du mont, on trouve l'hospice de Sainte-Christine , puis Canfranc ensuite Jaca ...

Puis dans celui intitulé LES TROIS GRANDS HOSPICES DU MONDE ( CHAPITRE IV).
Trois colonnes nécessaires entre toutes au soutien de ses pauvres ont été établies par Dieu en ce monde : l'hospice de Jérusalem,l'hospice du Mont-Joux [Grand Saint-Bernard] et l'hospice de Sainte-Christine sur le Somport. Ces hospices ont été installés à des emplacements où ils étaient nécessaires ; ce sont des lieux sacrés, des maisons de Dieu pour le réconfort des saints pèlerins, le repos des indigents, la consolation des malades, le salut des morts, l'aide aux vivants .
Ceux qui auront édifié ces saintes maisons posséderont, sans nul doute, quels qu'ils soient, le royaume de Dieu.

Site majeur de la Via Tolosana et du passage par le SOMPORT, nous nous devions de vous proposer une page dédiée à ce site


la stèle commémorative de Sta Cristina
ruines de santa cristina


un panneau infos nous informe sur l'hopital de Sainte-Christine ( de sta cristina.)
Ces textes en langue espagnole méritaient d'être plus largement consultables.

C'est pourquoi nous avons pris l'initiative et la liberté ,dans cette page dédiée à l'hopital de sta cristina, de les traduire.

S'il s'avère que des erreurs de traduction se sont produites, veuillez nous les communiquer. nous rectifierons le texte.


La légende de la colombe

L'origine et la fondation de l'hôpital de Santa Cristina sont expliqués traditionnellement par une belle légende. Deux chevaliers anonymes ," compatissants aux innombrables passagers qui ont péri sur ce port, sans recevoir les saints sacrements, soit morts de faim, soit ensevellis dans la neige , soit emportés par la fièvre", décidèrent de construire un petit abri.

Comme ils hésitaient sur le choix de l'endroit le plus convenable pour le construire, apparut une "très blanche colombe" portant dans son bec , une croix d'or qu'elle déposa sur le lieu que Dieu avait choisi pour dresser l'eglise.

Le chroniqueur raconte que l'information de ce miracle se répendit sur toute la terre, et qu'avec les aumones qu'on leur donna, ils construisirent non un petit hôpital comme ils le désiraient mais une magnifique et somptueuse oeuvre »

Ce qui est certain, c'est qu' en appui de la pieuse tradition, le symbole de l'Hôpital et de toutes ses dépendances fut, depuis toujours, la figure de la colombe avec la croix d'or dans son bec.





Entre Aragon et Béarn

Comme toutes les légendes, celle de l'origine de la fondation de Sainte-Christine repose peut-être sur un peu de vérité. Il est possible que tout commença avec un petit refuge pour aider les cheminants. Le bon accueil accordé aux voyageurs et aux pèlerins, à proximité d'un camino très fréquenté , poussa les monarques Aragonais et les Vicontes du Bearn à promouvoir et à protéger l'hôpital nouvellement crée.

Le plus ancien document que nous avons remonte au mois de Mars de l'année 1100, lorsque le roi Pierre I dota Santa Cristina d'une rente annuelle comme aumone pour les «pauvres et les cheminants de passage", alors que les vicomtes de Béarn, Gaston et son épouse Talesa, montrèrent vite un intérêt particulier pour la maison du Somport.

Depuis, au fil des XIIème et XIIIeme siècles, Béarnais et Aragonais rivalisèrent en subventions et privilèges envers Santa Cristina ,de telle sorte que les possessions de l'Hôpital allait des rives de l'Adour au-delà de celles de l'Ebre.

Débordant les frontières physiques et politiques , Santa Cristina peut être considérée comme une institution transfrontalière dans ses principes, située sur le territoire Aragonais, mais caractérisée par une claire influence Béarnaise. Ainsi, le premier prieur connu del'Hopital, Guillermo de Lafita, était Béarnais, comme la plupart des membres de la communauté.





L'ancienne communauté

L'historien Duran Gudiol mentionne une profonde réorganisation de la communauté de Santa Cristina au début du XIIIe siècle. Régie en vertu de la règle monastique de Saint Augustin , l' Hospital commence à se dénommer vers 1227 "monastère de Santa Cristina".

Le dénommé "ordre de santa cristina " apparait dirigé par le prieur de la maison-mère du Somport , suit dans la hiérarchie les commandants des hôpitaux dépendents et, pour finir, les frères .

Ensemble, ils constituent le chapitre général, dont les réunions régulières ont été itinérantes: parfois elles étaient convoquées au SOMPORT ou à JACA, d'autres fois, en BEARN, spécialement dans la commanderie-hopital d'Aubertin.

Au cours du XIIIe siècle à Santa Cristina du Somport ne devaient résider , en plus du prieur, qu'une douzaine de religieux qui se répartissaient les charges et les taches administratives spécifiques de la direction du monastère, à l'exception des hospitaliers et des serviteurs de la maison.

L'aumônier avait à charge le culte liturgique, aidé par le sacristain. Le Supérieur aidait , en tant que vicaire, le prieur. Le trésorier, était chargé de la gestion économique, tandis que le secrétaire s'occupait des documents officiels. Le Maître vacher ,cette fonction était une charge propre au monastère de Santa Cristina , charge qui n'existait pas dans les autres monastères d'Aragon, était responsable des bergers et de l'élevage de la maison.

L'hospitalier, pour sa part, prenait en charge les voyageurs et les pèlerins.





projection imaginée de l'hopital Santa Cristina


Comment était l'antique hôpital

En confrontant les chroniques de l'hôpital avec les données apportées par les fouilles archéologiques, il est possible de se faire une idée approximative de l'aspect général de Santa Cristina et de ses différents bâtiments.

Dans la partie centrale du complexe entier apparait l'implantation de la petite église romane (Fin du XIIe siècle-début du XIII), avec son abside semi-circulaire orienté à l'Est. On a construit un contrefort sur le côté de la rivière pour éviter le risque de fissure , comme celle qui est encore visible dans la zone Sud-Est de l'abside.

A l'Intérieur de la nef, où on peut apercevoir les fondations de l'Auberge construit en dix-huitième siècle, sont conservés in situ les bases des colonnes qui soutiennaient les arcades.
A leurs pieds, se trouve le portique, qui eut une fameuse grille de fer disparue pendant la guerre de Succession.


La nécropole fut placée à l'extérieur de l'église, et il a été trouvé différentes tombes, certaines antropomorphes, construites avec des pierres de taille et des dalles de pierre .

Ce que l'on dénommé "le monastère " était adossé à l'eglise. Ici, se trouvait les cellules des chanoines et les oficines ou dépendances auxiliaires , comme le réfectoire et la cuisine des moines. On n'a pas relevé l'existence possible d'un cloitre, sans doute inexistant en raison du manque d'espace.

A l'extrémité orientée vers la France, appelée "la prairie haute", on voit les restes de l'Auberge, qui occupa avant le seizième siècle, l'emplacement où se trouvait l'hopital médiéval.
L'hôpital était constitué d'un bâtiment rectangulaire simple, où l'on accueillait les les pèlerins et les malades. A son origine, il était divisé en différentes chambres, pour maintenir le principe de la séparation des sexes.

Au fil du temps, en plus de divers ajouts et de modifications des bâtiments principaux ont été construits plusieurs annexes, comme des écuries pour la cavalerie ainsi que des hangars.

Complète le complexe , le palais du Prieur avec la chapelle de Santa Barbara, qui ,selon l'historien dominicain frère Francisco Lalane ,se trouvait à «la prairie du bas" près de le vieux pont.




Santa cristina de Toscane

Santa Cristina, dite de Toscane pour la différencier des autres saintes homonymes, est née au Tiro, une rive du lac de Bolsene. Fille de URBANO,préfet de la ville, elle se convertit au christianisme à l'âge de dix ans sans autorisation parentale. Son attitude lui a valu l'épreuve d 'extrêmes tortures.
Enfin elle subit le martyre, immolée à la fin du troisième siècle.

Objet de culte depuis les temps anciens, on raconte que, lorsque les chanoines Augustains arrivèrent à l'hôpital du SOMPORT, ils apportèrent avec eux les reliques de la sainte et donnèrent son nom au monastère.

L' Église célèbre sa fête le 24 juillet . Ce jour précis, a eu lieu autour de l' hôpital la célèbre "Féria de Santa Cristina ", qui dura jusqu'en 1749 et attira de nombreux devôts, aussi bien d'Espagne que de France




Célèbres Reliques

Une multitude de tombes de saints,de basiliques renommées et d'ermitages avec de célèbres images miraculeusement apparues jalonnèrent les routes Jacquaires. Le pèlerin médiéval cherchait ardemment à les visiter , mais cela impliquait un écart par rapport à son itinéraire. Ce n'était pas par simple curiosité,mais la possibilité d'obtenir des indulgences, en rémission péchés, rentabilisait son effort de marche.

L'Hopital de Santa Cristina, se vantait de posséder les illustres reliques de la Sainte toscane comme trois grands os et de sa propre langue, qui fut conservée en état jusqu'au dix-septième siècle.

Toutefois, la relique la plus précieuse fut "la tige à trois roues" de Jean Baptiste, donné à l'hôpital par le roi Pierre II, grand bienfaiteur de la maison, au début du XIIIe siècle. Cette relique de valeur, lorsqu'elle fut exposée à l'adoration, à provoqué «une grande dévotion" pour les religieux et les fidèles "par tendresse,ou pour beaucoup par peur."

L'hôpital a également eu une pièce du "Bois de la Croix" et de la précieuse relique de la Sainte epine du seigneur" enchassée en argent avec un verre creux "qui , lorsqu'on l'incline, prend une couleur de sang




Le déclin de Santa Cristina
Les historiens de l'hopital santa cristina s'accordent à fixer la date de 1374 comme le début son déclin. Cette année-là, après de longs conflits, le prieur et les chanoines se divisèrent les rentes qui étaient auparavant unies.

Les prieurs abandonnèrent Santa cristina et continuèrent à vivre des donations dans des lieux moins inhospitaliers. Les chanoines, pour leur part, délivrés de la présence de leur supérieur, se relachèrent de la discipline monastique.
Bien que certains pèlerins franchissaient toujours le port, le temps d'or des pèlerinages jacquaires était dévolu, et l'hospitalité , raison primitive de la fondation de la construction n'est plus pratiqué comme par le passé. Vers 1550 les pauvres les voyageurs dormaient dans un petit abri isolé et desaffecté.

Mais le plus grand coup porté à l'hôpital s'est passé dans le milieu du XVIe siècle, pendant les guerres entre catholiques et huguenots en Bearn. Alors santa cristina perdit toutes ses possessions de France, lorsque le viconte Henry d' Albret s'appropria les revenus des hôpitaux.

En raison des changements béarnais, la communauté fut obligée en 1569, d'abandonner l'hôpital et de se transférer à Jaca,où Santa Cristina, depuis longtemps possédait une église et une maison dans le quartier de Burnao. Là, ont vécu les chanoines jusqu'en 1592, lorsque Philippe II décida de construire le château de Saint Pierre précisément au Burnao, ce qui entraina la démolition de la maison Santa Cristina à Jaca.

Après divers et ennuyeux avatars, et par la décision du monarque, en avril 1597 la communauté a été dispersé , bien que la suppression officielle n'eut lieu qu'en Mai 1607, par décision du pape Paul V.


 



Couvent de Dominicains

À la demande de Philipe II, alors que Santa Cristina était considérée comme "monastère de patronage royal" , le moine dominicain du nom de Geronimo Xavierre - futur cardinal -Visiteur apostolique, fut chargé de dissoudre la communauté .

Il le fit, malgré l'opposition de quelques chanoines, et en Juin 1597 , Xavierre monta jusqu'à l' Hospital du Somport, où il rencontra l'abbé Arnau, membre du clergé français, chargé de l'hospitalité par la commission des chanoines, le renvoya , et le remplaça par le frère Agustin Garcia, dominicain comme lui.

Entre temps, avait été décidé l'avenir de la maison, et on nomma Juan de Villanueva, citoyen de Jaca, administrateur des rentes de Santa Cristina.

Après une longue parenthèse, enfin, le 7 Décembre 1613, l'Ordre des Prêcheurs (Dominicains) prit possession de l'Hôpital de Santa-Cristina avec mandat de poursuivre les soins pour les pauvres passagers qui transitaient par le port.

Pendant ces années, à savoir le 24 Novembre 1610, le cosmographe portuguais Juan Bautista Labaña, chargé par les députés de l'Aragon de confectionner la carte du royaume, visita Santa Cristina. Il consigna dans son journal qu'il s'agissait alors "d'un petit édifice en mauvais état» , qu'il y avait une église, avec un choeur haut et des cellules. Il y avait là , un moine dominicain (frère Juan Blasquiz , qui était aumônier au Somport depuis 1599) et joint au monastère "une grande maison destiné au commerce avec les passagers. "


 



 

La destruction du couvent

Les Dominicains, l'année de la possession de l'ancien monastère, demandèrent l'autorisation d'être transférés à Jaca, où ils fondèrent en Mai 1614 un couvent dans l'église de Santiago, mais sans abandonner la possession de Saint - Cristina, où vivaient quelques religieux.

Au fil du temps, cependant, ils n'y allaient que de façon sporadique, laissant l'hospitalité à la charge l'aubergiste, qui, aux dépens des frères, était obligé de donner gratuitement du bois de chauffage pour chauffer les pauvres cheminants ,que l'on ne dénommaient plus "pèlerins" , ainsi que les personnes que par la charité, on laissait dormir dans la grange. Ainsi, se trouva abandonné l'ancienne et la merveilleuse hospitalité médiévale.

Les Dominicains, tant mal que bien, avaient réussi à maintenir les bâtiments de l'Ancien Hôpital, mais en 1706, il y a eu son incendie et sa destruction. Cette année-là, en pleine guerre de succession, un groupe de soldats monta de Canfranc dans un esprit de représailles, parce que les dominicains avaient partie pour Philipe V. Ils mirent le feu aux bâtiments qu'il y avait là, y compris l'église, et seulement survécut parmi les ruines fumantes une image de Santa Ana. Tout le reste disparut. Six siècles chargés d'histoires ont disparu ce jour-là.

Sur les ruines de l'ancienne église , les dominicains ont érigé une nouvelle auberge, avec un petit oratoire, et transformèrent l'implantation du monatère en jardins maraichers et prés. La solitaire auberge , qui s' appela "la venta de Santa Cristina", est restée abandonnée après la sécularisation des couvents, vers 1835, et ses ruines finirent par se confondre avec les ruines du vieil hôpital.



 



L'accueil pour les pèlerins

Tout le monde devrait recevoir avec charité et respect les pèlerins, riches ou pauvres, qu'ils aillent ou reviennent de Santiago, car toute personne qui reçoit et l 'héberge avec soins, sera l'hôte, non seulement de saint-Jacques , mais aussi celui du Seigneur lui-même, selon ses paroles dans l'évangile: Celui qui vous reçoit, me reçoit (Codice Calixtinus chapitre XI).

Le mandat évangélique de l'hospitalité se trouve en profondeur dans la société chrétienne médiévale.
Au début, ce sont les les ordes monastiques eux-mêmes qui réserveaient dans leurs monastères des chambres pour accueillir pauvres et des pèlerins. Mais à partir du XIème siècle , lorsque les pèlerinages devint un phénomène de masse , se développèrent tout au se produisent le long de des chemins de pèlerinage les plus fréquentés des centres spécialisés pour offrir l'hospitalité : les dénommés hôpitaux. ( hospitales - hospice)

Il y a eu des hôpitaux, parfois en grand nombre, dans certains villages et villes, mais plus célèbres sont ceux qui sont situés dans des zones dépeuplées et solitaires, en particulier ceux qui ont été fondées sur les pentes ou les sommets de la cols de montagne, point critique des chemins de pèlerinages.




Hôpitaux aux pieds des ports (cols)

Il a été démontré par l'archéologie et les documents historiques que les communications transpyrénéennes ont fonctionné depuis les temps anciens par des sentiers et des chemins plus ou moins difficiles, mais toujours dangereux. Etaient terribles surtout, les tempêtes de neige, causant de nombreux victimes parmi les passagers.

Ainsi, la fondation d'hôpitaux, construits en pied de port pour aider les pèlerins et les marcheurs, équipa d'accueil toute la chaîne pyrénéenne. Presque tous ont été créés à la fin du XIIe siècle et au début du XIIIème, période qui coïncide avec l'apogée des pèlerinages. Encouragés dans leur fondation par les propres monarques, on les a doté de certaines propriétés pour assurer leur fonctionnement et on les a confié à divers ordres religieux.

Tous disposent, au minimum, d'une chapelle et d'un cimetière,d'un «hôpital» ou auberge, et d'un édifice pour les religieux. Avec le temps, sans jamais perdre leur caractère d'assistance, ils se convertirent en auberges ou commerces , propriétés des vallées et concessions, et maintenirent leur ancien nom de "l'hôpital" ( "espital" en Aragonais, "Espitau" en Bearnais).
Il est curieux de constater qu' à chaque hôpital situé sur une vallée , correspond un autre, comme appui, dans la vallée en face






La Via Tolosana



Il a été estimé qu'entre 200 0000 et 500 000 pèlerins se dirigeaient annuellement vers Compostelle de tous les points du christianisme dans la période de grande splendeur des pèlerinages (XIeme et XIIeme siècle).

Pour aider le pèlerin jacquaire et lui éviter des contretemps ennuyeux ou de possibles égarements,en plus de lui offrir d'utiles conseils pratiques sur la situation des accueils, sur la qualité des eaux et sur les points problèmatiques , un clerc français , Aymeric Picaud, a écrit en plein douzième siècle, ce que l'on considère comme le premier guide du pèlerin. Cette oeuvre, connue sous le nom de "Codice Calixtinus ou Liber Sancti Jacobi "décrit le parcours officiel et classique du camino, y incluant les quatre grandes routes qui traversent la France.

La plus méridionnale, dénommée communément appelée "Via Tolosana" et passant par Toulouse, débute à Arles, où se concentrait un grand nombre de pèlerins venus du nord de l'Italie et l'Europe centrale. Ce Camino traverse les terres plates du Languedoc en direction des Pyrénées occidentales et Oloron, en terres Bearnaises , le pèlerin pouvait alors choisir de passer par MAULEON vers Roncevaux ou prendre la vallée d'Aspe vers le Somport où l' Hopital Santa Cristina lui garantissait un chaleureux accueil , nourriture et repos.




Un réseau d'hôpitaux

Suite à l'itinitiative du légendaire Gaston IV et de son épouse l'Aragonaise Talesa , le chemin de Saint Jacques , à son passage par le béarn, fut équipé d'hopitaux et de maisons d'accueil , qui , dans leur majorité, dépendirent de Santa Cristina.

Mise à part le siège épiscopal d'AUCH, le premier hôpital propre de la maison du Somport était celui de Lembeye, situé dans les premiers contreforts du piémont, et antichambre de Morlaas, la petite capitale du vicomté.

Le chemin atteignait ensuite Lescar, où Gaston IV fonda un autre hôpital de pèlerins sous la direction des chanoines de la cathédrale.
Peu après, en remontant le Gave de Pau, le pèlerin trouvait l' hôpital d'Aubertin, fondation des vicomtes et dépendant également de Santa Cristina ,célèbre pour avoir accueilli de nombreux Chapitres généraux de l'Ordre.
Puis, on arrivait à Oloron, la population repeuplée en 1088 avec des personnes provenant de Canfranc et où Santa Cristina possédait des intérêts economiques.

Depuis Oloron, si le pèlerin décidait de gravir par la vallée d'Aspe le chemin du Somport, à son entrée il trouvait un autre hôpital dépendant, celui de Saint-Christau, voisin avec celui de Lurbe. Un peu au-dessus , le camino passait au célèbre sanctuaire marial de Sarrance, objet de nombreux pèlerinages, où il y avait un couvent et une hotellerie à la charge de l'ordre des chanoines prémontrés.

À la hauteur de Bedous, la route atteint la partie supérieure de la vallée, précisemment où, de part sa proximité, Santa Cristina avait de nombreux biens et des revenus à Cette, Etsaut et Urdos. Cette localité passée, la dernière de la vallée, la route s'élève résolument vers le port et au haut du dernier et raide ressaut, dans un site stratégique, territoire encore Bearnais, se trouvait l'Hôpital de Peyranère .
Un peu au-dessus , on franchissait le port du Somport (1632m d'altitude), puis on atteignait l'hôpital de Santa Cristina lui-même.

La route de la vallée d'Ossau. Mais le chemin de la vallée d'Aspe, bien qu'il soit le plus important, n'etait pas le seul chemin utilisé par les pèlerins pour entrer en Aragon. Depuis Morlas et passant par Nay, où se trouvait des biens de Santa Cristina, une route, quelque peu plus direct bien que plus âpre remontait la vallée d'Ossau. Sur ce chemin, dans sa partie en vallée, les vicomtes fondèrent Mifaget , appartenant à Santa Cristina, dont il nous reste aujourd'hui sa crypte romane. Et, au pied des ports , à la confluence des ruisseaux de Brousset et de Bious, à 1067 m d'altitude, ils établirent l'hopital de Gabas , d'où, si on était en été, les pèlerins pouvait rejoindre Santa Cristina en remontant péniblement le col des Moines 2168 m, par un sentier dangereux et plein de neige pendant une grande partie de l'année.

De Gabas, ils avaient une autre alternative, plus facile pour passer en Espagne, soit par le port de Peyralun (1849 m) ou celui du Portalet (1794m) qui allongeait le trajet, mais dont la montée était plus douce depuis la France. Ces deux passages arrivaient à l'hôpital de Secotor, dépendant de Santa Cristina , dans les prairies de Formigal.

Le pèlerin redescendait par la vallée de Tena , à nouveau en zone dépeuplée et problématique, A l'étroit de Sainte-Hélène, les pèlerins trouvaient un nouvel hôpital stratégiquement situé , celui de San martin de la Closura. Par Biescas et Larrès, ils arrivaient à JACA pour continuer vers Compostelle.








UNUM TRIBES MUNDI
L'un des trois hôpitaux dans le monde


L'Hôpital de Santa Cristina atteignit une extraordinaire renommée dès le début de sa fondation à la fin du XIe siècle, si bien que le "Codice Calixtinus" le met sur un pied d'égalité avec les hôpitaux de Jérusalem et du Grand Saint Bernard. "UNUM TRIBES MUNDI ", c'est-à-dire, «l'un des trois hôpitaux dans le monde», était la devise qu'arborait le maître-autel de l'église de Santa Cristina.

Et ce n'etait exagéré si vous remarquez la position stratégique de l'hôpital, au point le plus élevé du Somport (le Portus Summus), où les dangers du chemin, sous forme de tempêtes de neige, ou d' épais brouillard, le rendaient plus que nécessaire et opportun pour le voyageur.

Lorsque, fatigués et affamés les pèlerins arrivaient à l'Hopital Santa Cristina, on les accueillait gratuitement pour une durée maximale de trois jours.
Ici,ils avaient l'opportunité de se reposer du long et pénible voyage ,dans un bâtiment réservé pour eux, et on leur offrait une abondance nourriture comprenant le petit-déjeuner , le déjeuner et le dîner. La composition du petit-déjeuner était un bol de soupe et deux "Verres" de vin. Pour le repas de midi, encore plus consistant, il y avait aussi de la soupe, avec 3 verres de vin, plus une assiette de légumes. Et pour le dîner du soir, la même chose, mais au lieu du bol de soupe, de la viande bovine.

S'ils tombaient malades, on les soignait jusqu'à leur guérison. S' ils mourraient, on les enterrait dans le petit cimetière attenant à la chapelle.

Après un réconfort corporel et spirituel,les pèlerins quittaient Santa Cristina vers Compostelle ou lors des retours, vers leurs foyers éloignés.






quelques vues du site
Candanchou près du pont de santa cristina