ACCOUS



Commune, chef-lieu de canton de la belle vallée d'ASPE, ACCOUS ne peut se dissocier de l'histoire de ses habitants les plus célèbres, dont deux évêques, Mgr Lamazou, évêque de Limoges au XIXe siècle, et Mgr Lacaste, évêque d'Oran de 1946 à 1972. Se dresse également en hommage à Cyprien Despourrins, sur une colline au sud du village, l'obélisque consacré à la gloire du poète (Barde) accousien né en 1698 et célèbre jusqu'à la cour de Louis XV.

Il fit de la langue béarnaise l'instrument de son inspiration. On doit également à son père Pierre Despourrins, ce dicton "Aspées, cadu bau mey que tres" ("un aspois vaut plus que trois") car provoqué par trois officiers lors de la guerre de Succession (Espagne), il les défia au combat, tua l'un, blessa l'autre, désarma le troisième et emporta les trois épées. Louis XIV remit en mémoire de cet exploit au combat le blason familial reprenant ces trois épées.

Une autre légende d'Accous concerne la rançon du sel. En effet, la fontaine salée du Saliet fournissait autrefois un sel d'une grande qualité pour l'alimentation des brebis et la salaison des fromages.
Les bergers Aspois, Ossalois mais aussi du Lavedan venaient s'y approvisionner en payant. Selon la tradition, ce fut là l'origine du conflit Aspe/Arrens et du «tribut des médailles». Les bergers de la vallée d'Arrens seraient partis sans payer et les Aspois auraient entrepris des représailles.

c'est ce que l'on peut lire sur le résumé historique sur panneau explicatif de la Vallée d'Aspe


 
une belle vue du village d'ACCOUS


Avec ses 450 hab.,ses 6 068 ha dont 1 510 de bois ACCOUS est chef-lieu de canton des Pyrénées-Atlantiques dans l'arrondissement d'Oloron à 27 km au sud de la ville, à 430 m d'altitude.
Il est situé sur la rive droite du gave d'Aspe, au débouché du large vallon de la Berthe qui descend du pic Permayou (2 344 m) et dominant un petit bassin à fond plat. Village-centre de la vallée d'Aspe, il fut Aspaluca en romain («roche sacrée»), et avait plus de 1 700 hab. au milieu du 19e siècle, un millier au début du 20e et 600 au milieu; mais le déclin est arrêté et la population remonte depuis les 370 hab. de 1982.

La commune est formée du bourg qui occupe le vallon de la Berthe, avec son hameau d'Aulet et dont l'ombrée couverte par la forêt d'Arapoup (nom venant du Pic d'Era Poû, c'est à dire de la peur) contraste avec l'adret nu. Le quartier de Jouers voisine la zone du bourg au nord, de l'autre coté du volcan du Poey. Un troisième quartier, distant au sud, prend tout le vallon sud-nord rectiligne du ruisseau Labadie, et contient le quartier de Lhers (et d'Aumet), devenu habité au XVIIIe siècle, date à laquelle la chapelle a été édifiée, le cimetière restant à Accous. Il faut y ajouter plusieurs cabanes d'estive allant jusqu'à la frontière espagnole au sud de Lescun dans le Parc national; une centrale électrique et l'usine Toyal se situent à son extrémité aval.

De nos jours, Bedous dispute à Accous le rang de capitale de la vallée d'Aspe
Mais notre village d'ACCOUS s'attribue une haute antiquité. Mr DUHOURCAU, historien pyrénéen, nous raconte ce qui suit.
Une des fermes des environs du village, désigné sous le nom de La Palu, rappelle la station Aspa Luca sur la voie romaine de Lescar à Saragosse ; et celui du hameau de Jouers a été interprété comme un dérivé de Jovis ara, les "autels de Jupiter".

 

Selon le pasteur Cadier (Histoire de l'Église réformée de la vallée d'Aspe), les Sarrasins auraient célébré le culte de Mahomet dans la très ancienne chapelle de Jouers; il est possible que le masque d'Abraham, visible sur le modillon central de l'abside, ait fait naître cette tradition.

La chapelle dut être construite par quelque seigneur sur les terres d'un fief ecclésiastique; il acquit ainsi le droit de prendre le titre d'abbé laïc, transmissible par hérédité. Le manoir voisin de la chapelle, dit " Apatye ", est l'ancienne abbaye laïque. Son pigeonnier carré est fort curieux...

Sur l'abside, plusieurs modillons attirent l'attention. Notons celui qui représente un animal que seules une croix pattée et une auréole font reconnaître pour un agneau pascal.
Sur le bandeau, on lit ces deux lignes énigmatiques :
FLORENGIA. FEC.
AGNUS. D'IT. FACERE

L'inscription se décompose ainsi : Florencia fecit facere (Florence m'a fait) et Agnus D(e)i, (Agneau de Dieu).
La chapelle est donc l'oeuvre d'une dame appelée Florence.
Au XIIIe siècle, Jouers se trouvait sur le bord du grand chemin du Somport, par où chevaliers français, gascons et béarnais partaient à la reconquête des plaines de l'Èbre. Plusieurs y firent fortune et enrichirent à leur retour les églises du pays; d'autres y moururent glorieusement. Il n'est pas impossible que la chapelle de Jouers soit la fondation d'une pieuse femme dont le mari aurait péri outre-monts : le nom de famille Florent se retrouve encore de nos jours dans la vallée, mais la plupart des spécialistes s'accordent pour attribuer l'étymologie « Flourence », venant de « Flou » (fleur), à un lieu désignant un bon herbage.

eglise et manoir de Jouers
eglise de Jouers


Toponymie :

Autrefois Aspa Luca, le toponyme ACCOUS /akus/ apparaît sous les formes Acos (1247), Aquos d'Aspe (1376), Abadie de Cos (1538), Sanctus Martinus de Acous (1608).
Le toponyme Jouers /juèrs/ est un ancien Joertz (1345), probablement une métathèse d'un basque Oïhartz dérivé d'oihan 'forêt'. Autres graphies Joers (dès 1385) puis Jouers (dès 1712).
Le toponyme Appatie (cf. basque Aphatea) signale un fief d'Abbées laïcs (Abadie en gascon standard). On note qu'en vallée d'Aspe les sources latines sont conservées

Population:
Comme tous les villages de la vallée d'ASPE, ACCOUS a été fortement touché par l'exode rural et la dépopulation des campagnes. On lui attribue actuellement 430 habitants . On pourra constater l'inexorable diminution de ses habitants puisqu'on qu'on est passé de 1053 ha en 1793, 1651 en 1821, 1591 en 1856, 1033 en 1901, 888 en 1931, 499 en 1962, 396 en 1990 et aux environs de 430 de nos jours, signe de renouveau.

ACCOUS fut un ancien "Capdulh" puis chef-lieu de la vallée. La commune d'ACCOUS comptait une abbaye laïque, vassale de la vicomté de Béarn. En 1385, on y comptait 74 feux.



eglise paroissiale Saint-Martin
Ce gros village d'ACCOUS(396 hab.), aux anciennes demeures disposées le long d'étroites ruelles, fut dévasté en 1569 par un terrible incendie qui détruisit l'église Saint-Martin.
Reconstruit puis profané en 1793, cet imposant monument a gardé les traces de ces épisodes successifs auxquels il a su résister.

sur la fiche du patrimoine de France, nous pouvons lire:
Catégorie : église paroissiale d'Accous
adresse : Mairie (place de la)
parties constituantes : cimetière ; chapelle
époque de construction : 3e quart 14e siècle ; 15e siècle ; 17e siècle ; 19e siècle
année : 1358
historique : Eglise sous le vocable de Saint-Martin, sur la route de Compostelle par le Somport. A droite de l'entrée principale, inscription portant la date 1358, pouvant être la pierre de fondation. Seule l' abside est du 15e siècle et l' on remarque là des corbeilles sculptées. Remaniée au 17e siècle et au 19e siècle. Chapelle du 19e siècle dans le cimetière.
description : Chapelle dans le cimetière couverte d' un toit à l' impériale. Clocher sommé d' un toit en pavillon surmonté d' un lanternon coiffé d' un toit à l' impériale.
gros-oeuvre : calcaire ; moellon ; galet ; marbre ; appareil mixte ; enduit ; essentage d'ardoise
couverture (matériau) : ardoise
plan : plan allongé
étages : 3 vaisseaux
couvrement : voûte d'ogives
décor : sculpture
couverture (type) : toit à l'impériale ; toit en pavillon ; toit à longs pans ; pignon couvert ; croupe ; croupe polygonale ; appentis
état : restauré - propriété publique




En 1851, un autre incendie détruisit le manoir natal du poète Cyprîen Despourrins, dont un obélisque (au sud du village) célèbre le souvenir.


mairie





Territoire de la commune d'ACCOUS



La carte que nous vous présentons ci-dessus est assez explicite pour vous montrer le territoire d'Accous, composé de 2 parties distinctes :

- le bourg (altitude de 460 m environ ) situé à proximité à l'Est de la Nationale Oloron-Somport, ainsi qu' à l'est du village, le vallon de la Berthe, dominé par le col d'Iseye 1829 m, et encadré de hauts sommets tels le Pic d'Isabe 2463 m et le Permayou 2344 m . De part et d'autre de la riviere la Berthe, les versants de la montagne sont contrastés.
Les flancs nords (et raides) de la crête Arapoup -Anchet-Ronglet sont recouvert par la foret d'ARAPOUP.
les flancs sud (adret) de la montagne de Bergout (point de départ de parapentistes) , avancée du pic de Bergon (ou pic d'Ilhec) sont dégagés. C'est sur ses contreforts que se situe la Chapelle de Saint-Christau d'Aulet ainsi que de nombreuses constructions disséminées.

- en partie centrale, nous retrouvons le défilé d'Esquit , avec sa centrale électrique , et le quartier de l'Estanguet ( où se situe un centre équestre) , et d'où démarre la route d'accès à LESCUN. c'est d'ailleurs au pied de cette montée, que se situe une centrale électrique ainsi que l'usine d'aluminium Alcan où le japonais Toyal fabrique maintenant de la poudre d'aluminium (130 sal.), la plus grosse entreprise de la région, d'où son importance réelle.

- Orientée sud-ouest, la 2ème partie de la commune, qui correspond à la vallée suspendue du ruisseau le Labadie, occupée par le hameau de Lhers (et d'Aumet), et s'étendant jusqu'à la crête frontière, et le Parc National des Pyrénées. Le Pic de Labigouer 2175 m sera ici le point dominant. L'appartenance de ce secteur à ACCOUS et non à LESCUN proviendrait de la sédentarisation de bergers originaires d'Accous.

Les gens n'avaient pas forcément les estives près du village d'origine. La transhumance se pratique encore de nos jours en vallée d'Aspe. Encore aujourd'hui il y a des Basques qui ont leurs vaches à Borce en été.. Donc il devait y avoir pour je ne sais quelle raison immémoriale d'occupation des sols des familles d'Accous qui avaient leurs estives là-haut et y envoyaient leurs cadets l'été. En fait on envoyait les cadets garder les troupeaux dans ce coin froid et reculé, les ainés restant coté soleil. Et un jour, à moitié révoltés, ils ont décidé de ne pas redescendre l'hiver venu. Ils ont construit, à commencer par la chapelle, et voilà comment est né le hameau. Ils y sont restés, n'en sont plus revenus. Le terrain est alors resté attaché au patrimoine familial (accousien).

la chapelle Saint-Christau

La Chapelle et fontaines de Saint-Christau



Pour accéder à ce site, le point de départ est la place de l'Église. Suivre la petite route qui remonte vers le fond du vallon de la Berthe. Elle se divise au bout de 800 m. Prendre alors la branche de gauche qui mène à la chapelle de Saint-Christau, lieu traditionnel de pèlerinage et de guérison.

La chapelle Saint Christau d'AULET (Ce saint protecteur de nombreuses sources, a souvent été imposé en lieu et place de génies antiques des eaux.) fut édifiée au XVIème siècle sur un temple plus ancien. Une piscine ( une cuve) creusée dans la pierre est alimentée par une source qui soignait les maladies de la peau. la voute semble dater du Moyen Age.
En plus de la chapelle et des fontaines, on pense qu'il exista un hopital et un cimetière pour les lepreux et les victimes de la peste.


La fiche du patrimoine de france mentionne: (http://www.patrimoine-de-france.org/oeuvres)

Chapelle Saint-Christophe à Accous (64)
Catégorie : Chapelle
aire d'étude : Accous
lieu-dit : Aület
parties constituantes : fontaine de dévotion
époque de construction : 3e quart 18e siècle ; 3e quart 19e siècle ; 4e quart 20e siècle
auteur(s) : Letienne B. (maître verrier)

description : Petit toit en pavillon surmontant le clocheton et essentage d' ardoise.
gros-oeuvre : essentage d'ardoise ; enduit
couverture (matériau) : ardoise
plan : plan allongé
étages : 1 vaisseau
couverture (type) : toit à longs pans ; pignon couvert ; toit en pavillon
état : restauré
propriété publique


Historique :
Chapelle Saint-Christophe située à proximité de trois sources distantes de quelques mètres. Le plus ancien document - délibération de Jurats - mentionnant la chapelle date de 1685. Toutefois il semblerait qu' un lieu de culte existait déjà au Moyen Age, hypothèse que corrobore le caractère médiéval de la piscine de la source dite des Bains, la plus à l' est et soignant fièvres, sciatiques et épilepsie. La fontaine du milieu était réputée guérir maux des yeux, cataracte et surdité, enfin celle à l' ouest apaisait migraines et maladies cutanées. En 1774, adjudication des travaux à réaliser et restauration du mur nord-ouest de la chapelle. En 1790 Saint-Christaü tombe en déshérence. Le culte est restauré après la Convention.
En 1841, l' édifice menace ruine. En 1856 des travaux ont enfin lieu : toiture, rétable restauré, porte sud maçonnée et porte ouest en marbre réalisée par Chrisostome Laplacette, tailleur de pierre à Accous. Façade recrépie et à l' intérieur, murs et voûte en berceau en bois peints à la colle en ocre jaune. Pèlerinage assidûment fréquenté jusqu' en 1940. Jusqu' en 1978, aucun travaux n' a lieu. La chapelle est ruinée. Il est décidé de la restaurer : Les murs sont consolidés (chaînage en béton armé), la toiture refaite ainsi que le clocheton en ardoise, la fausse voûte en berceau lambrissée est remplacée par un simple plafond. Letienne, peintre-verrier de Tarbes, réalise les vitraux. Le 20/07/1980, inauguration.


Les fontaines de St Christau (Accous)
Ces 3 fontaines se situent à proximité de la petite chapelle de Saint-Christau d'Aulet
Elles n'étaient distantes que de quelques mètres :
* A l'Est la fontaine des bains (piscine primitive médiévale en pierre de taille couverte d'une voûte en plein cintre décorée à l'intérieur d'un masque qui avait pour fonction d'éloigner les maléfices tout en dispensant des vertus contre les fièvres, sciatiques et épilepsie.
* La fontaine du milieu guérissait les maux des yeux et la surdité.
* La fontaine de l'ouest soulageait les migraines et les maladies cutanées (gale, lèpres). Cette dernière explique l'existence du cimetière des pestiférés à Aulet en 1569.
Aujourd'hui ne subsiste que la fontaine des bains qui a été rénovée.
On venait à Saint-Christau d'Aulet, le 16 Août (jour de la fête de ce saint), mais aussi le 25 juillet bénir les animaux et prier contre les dangers, les inondations, la grêle, la foudre, tempête, épidémies et mort.
Depuis que St Christophe a été enlevé du calendrier ,la fête de St Christau est célébrée le 25 juillet (jour de la St Jacques), car comme St Jacques, St Christophe, le "porte-Christ" était en quelque sorte un pèlerin.

Le site du Bergout.


Non loin de la chapelle, se situe l'intersection qui permet de monter au site de Bergout. Il s'agit du site d'envol des deltaplanes et des parapentes. Les jours favorables à la pratique de ce sport, vous ne pouvez pas manquer de les voir.
Accous est en effet un important lieu de rendez-vous de parapentistes.
Diverses écoles y exercent leur activité et vous proposent des baptêmes de l'air en deltaplane et en parapente biplace.

D'autre part, le site de BERGOUT est un site panoramique exceptionnel . Le point de vue y est splendide sur la plaine de Bedous et coté Est, vers le col d'Iseye, le vallon de la Berthe et son cirque de montagne .

L'activité pastorale à ACCOUS




Village de montagne disposant de nombreuses estives, l'activité pastorale bat ici le plein. La production de lait des troupeaux y est importante, et les bergers transforment le lait issu de leur collecte soit directement (fromage fermier) , soit alimentent la coopérative (fromage artisanal combinaison de plusieurs laits).
La coopérative "Fermiers des Pyrénées" située au carrefour de la route d'Accous et de la N 134, cette coopérative, regroupe une centaine de producteurs et présente un écomusée du Fromage. Elle permet à ses adhérents de bénéficier du réseau de distribution, du label de qualité et du prix garanti par la coopérative.

Remarque : on notera que les fromages produits dans les estives riches en plantes de montagne durant l'été sont différents de ceux produits l'hiver dans la vallée.




le Canton d'ACCOUS



Source: Base communale des Pyrénées-Atlantiques

Arrondissement Oloron
Population du canton 2 831 habitants
4 ème circonscription électorale

13 communes sont incluses dans ce canton


CodeCommune PopulationSuperficieCode postal
006 Accous 434 60,68 km2 64490
085 Aydius 80 34,72 km2 64490
104 Bedous 578 11,65 km2 64490
136 Borce 163 58,05 km2 64490
185 Cette-Eygun 95 18,97 km2 64490
206 Escot 105 22,66 km264490
223 Etsaut 105 34,95 km2 64490
330 Lées-Athas 264 4,48 km2 64490
336 Lescun 203 60,00 km2 64490
351 Lourdios-Ichère 150 16,24 km2 64570
433 Osse-en-Aspe 313 43,03 km2 64490
506 Sarrance 233 46,75 km264490
542 Urdos 108 26,27 km2 64490




 



 
une belle vue depuis le POEY, colline dominant le village d'ACCOUS


 




Je tiens à remercier Fr.Pierre de l'accueil pèlerin du Presbytère d'ACCOUS, qui a vérifié cette page , la complétant par moment,
ainsi que les auteurs des divers articles trouvés dans les ouvrages ou sur internet qui m'ont permis de réaliser cette compilation sur le charmant village d'ACCOUS.



Voies d'ASPE - ACCOUS