le bassin de BEDOUS en vallée d'ASPE - carte Cassini


le BASSIN de BEDOUS


Un havre de paix en vallée d'Aspe


En remontant la vallée d'ASPE vers le Col du SOMPORT ou le Col de PAU, après le franchissement du défilé d'ESCOT, puis du verrou glaciaire de SUZOU au sud de Sarrance, notre pèlerin traverse le Bassin de Bedous, partie élargie de la vallée, et située à mi-chemin de cette-ci, et où débouchent les vallons d'Aydius ( rivière Gabarret) aboutissant à Bedous, celui descendant du col d'Iseye ( rivière Berthe) aboutissant à Accous, le vallon descendant du col de Bouesou ( rivière Malugar ) qui descend sur Athas-Lees, celui provenant du col de Bergout (rivière l'Arricq).

Ce bassin que dominent les crêtes du Layens à l'Ouest (1625 m) , de l'Oueillarisse (1979 m) au sud-ouest, le Plateau d'Ourdinse à l'Est ( pic de Teulère 1571 m), et la longue crête de l'Anchet-Ronglet (2180 m) au sud-ouest fut propice à l'implantation de villages et hameaux , lesquels se nomment les villages de Bedous, Orcun, Jouers, Accous, Lees, Athas, Osse-en-Aspe.



une belle vue de la vallée depuis la table d'orientation de BEDOUS





Bedous




Bedous est actuellement le plus grand village de ce bassin . Pour autant, il n'en est ni le chef-lieu du secteur ( c'est Accous) , ni le village le plus ancien.( il semblerait qu'ORCUN ait des origines bien plus anciennes). Sa population actuelle est de 534 habitants et elle est resté pratiquement stable depuis une trentaine d'année.

Comme tous les autres villages de la vallée d'ASPE, Bedous a souffert d'une dépopulation rurale forte depuis près de 100 ans, puisqu'on est passé de près de 1031 habitants en 1800, 1396 en 1841, 970 en 1891, 802 en 1962 , 542 en 1975 et 534 en 2006.

Etymologiquement, son nom semble être dérivé du radical betu (betulla signifiant bouleau en latin) et également signifie lieu où il y a des bouleaux.
Le toponyme Bedous apparaît sous les formes Bedoos (1250, for d'Aspe), Saint Michel de Bedous (1675, insinuation du diocèse d'Oloron).

BEDOUS assume ses fonctions de petite capitale économique du pays, avec un marché le plus important du canton, et une administration représentée par sa gendarmerie, son collège, son office de tourisme etc…
Mais son économie est surtout agro-pastorale, orientée vers l'agriculture et l'élevage (bovins et ovins). La fabrication de fromages fermiers est également une des ressources.
Est également présente sur la commune, une exploitation d'ardoises, utilisées pour la couverture traditionnelle des maisons béarnaises ou souletines .

Il est difficile de retracer l'histoire du village de BEDOUS. Cette commune ne dispose pas de fonds documentaire importants et ne conserve que peu de vestiges médiévaux. Toutefois , on sait que l'homme était présent en vallée d'ASPE dès la préhistoire, et sa présence à BEDOUS se manifeste par la découverte d'une grotte sépulcrale et de quelques tessons de céramiques protohistoriques. L'occupation gallo-romaine n'est guère mieux documentée en dépit de la voie antique qui reliait Oloron à Jacquiu le Somport.


Bedous et le pèlerinage de Compostelle


Bedous s'est developpé sur la vieille route du pèlerinage de saint jacques et qui correspondait au tracé de la vieille voie romaine. Cette voie antique reliait Beneharum (Lescar) , passait par Ilhuro (Oloron) et conduisait à Caesar Augusta (Sarragosse). Au sortir de la gorge de SUZOU, cette vieille route surpassait une côte, en haut de laquelle on a une vue superbe, non seulement sur le village de BEDOUS à ses pieds, mais sur l'ensemble du vaste bassin circulaire entouré d' un impressionnant cirque de montagnes.


Elle se poursuivait par la vieille route, étroite et assez droite, parallèle à la route nationale, qui va d'Orcun a Accous, et qui était l'héritière de l'ancienne voie romaine. A 1,5 km de Bedous, elle longe à droite les anciens bains de Suberlaché, sis entre les deux artères et devenus plus tard colonie de vacances. Ce modeste établissement à l'abandon est par son nom un haut lieu du chemin de Saint-Jacques: c'est en effet là que se trouvait au Moyen Age l'abbaye de Saint-Jean-de-Laxé. Les jurats de la vallée s'y réunissaient et on y conservait les manuscrits des forts et des chartes. Elle accueillait aussi les pèlerins.

La légende veut qu'en 1288, le roi d'Angleterre y fit un arrêt. Elle fut détruite par un incendie au XIIIème siècle, puis plus tard victime d'une crue du gave. De nos jours, seul sa mémoire persiste.

La traversée de Bedous se faisait par la rue Notre dame. Et c'est tout son long que s'est développé le village de Bedous. Et l'embryon du village s'est développé autour de la première église paroissiale, dédiée à Notre-Dame , qui a donné le nom à la rue. De l'église, on ne sait pas grand chose, hormis que des travaux y ont été faits en 1696, puis qu'il y a été mené des travaux de restauration du XVIIème au XVIIIème siècle, aussi bien sur les murs, la voûte et le clocher, la couverture.

Lors de la révolution, elle fut transformée en corps de garde, puis en lieu d'assemblée des citoyens, avant de servir d'entrepôt de bois de chauffe et de munitions. Au début du XIXème siècle, elle fut détruite, seul subsiste son emplacement de nos jours.
L'abbaye laïque (abbadie ou appatie en béarnais) était implantée à coté de cette église. Cette maison passa aux mains de plusieurs familles, Abadie jusqu'au début du XVIIème siècle, Lasalle au cours du XVIIème siècle, Moutengou ensuite, et Fourcade jusqu'à XIXeme siècle. En fin du XVIIIème siècle, est se trouva en ruine, servit de grange, puis fut réhabilité et reconstruite au début du XIXème siècle. Elle ne conserve plus aucun caractère médiéval.

 

Bedous et son bourg



À la partie récente du village qui borde la nationale, on peut préférer la place de l'Hôtel de ville, point de départ d'une promenade à travers le vieux bourg avec ses maisons anciennes

Cette place centrale de BEDOUS est la place F. SARRAILHE. Par sa maison noble du XIIIe (en ruine dès le XVIIe), et le château Lassalle (XIIe) reconverti en maison de retraite qui domine le cours du Gabarret, la place François-Sarraillé ouverte au XIXe constitue le centre historique de Bedous.

Elle est organisée suivant un plan d'urbanisme assez rare, avec des façades incurvées d'un côté, un hôtel de ville à couverts de l'autre, et au bout, l'église Saint-Michel ,reconstruite en 1631 dans l'esprit roman, son chœur à croisée d'arêtes est peut être plus ancien. Nombreuses sont les maisons de la même époque, présentant souvent de beaux linteaux de pierre sculptée.



Bedous et ses fils



Et en quittant le village, le pèlerin passe devant deux manoirs.

Le château Lassalle (XVIIe),
flanqué de tourelles rondes, domine sur une terrasse le Gabarret, torrent qui descend du village perché d'Aydius. Reconverti en maison de retraite.

Le château Laclède (XVIIème),
sur l'autre rive, a une tour et un pignon en escalier. Il fut bâti par une famille qui donna de grands commis au royaume de Béarn et de Navarre. La vallée d'Aspe a été illustrée par la famille des Laclède, dont trois générations ont laissé des souvenirs d'aventures et de gloire.

- L'ancêtre, Jean de Laclède, syndic de la vallée, défendit auprès du conseil du roi Louis XIV les privilèges du « for » d'Aspe, qui dispensaient les habitants de la vallée de l'arpentage ordonné dans l'ensemble du royaume pour établir l'assiette de l'impôt foncier.

- L'un de ses fils, maître des Eaux et Forêts, créa la forêt de Bastard, à Pau.

- un autre, cadet, Pierre Liguest de Laclède est parti en Amérique, y fondera la ville de Saint-Louis . Commerçant de fourrures à la Nouvelle orléans, il remontera en 1763 avec sa famille et des compagnons le Mississipi et y fondera un comptoir qu'il appelera saint-louis , en l'honneur du « saint aïeul de notre roi »

- et le troisième fut officier de la Révolution et de l'Empire . Neveu du fondateur de Saint-Louis, Pierre Armand de Laclède, s'engagea dans les volontaires de 1792. Il fut élu par ses camarades, commandant de la première compagnie franche d'Accous, le 19 mai 1793. Son intervention décisive transforma la bataille de Lescun en déroute pour le célèbre régiment des gardes wallons et il fit prisonnier un de leurs officiers, le baron de Hoorts (Le 5 septembre 1793).
En 1808, il était colonel et commandait un régiment polonais, le 6e dragons de la Vistule, quand il fut rappelé pour prendre part au premier siège de Saragosse par le général Verdier. C'est là que, le 5 août 1808, Armand de Laclède y laissera sa vie.

 
 
 
le chateau lassalle
 
  le chateau laclède

 



Le hameau d'ORCUN est situé coté sud de BEDOUS. Aggloméré aujourd'hui à la ville de BEDOUS, il avait autrefois le statut de paroisse indépendante . Vraisemblablement le noyau de population d'ORCUN fut le noyau primitif de l'ensemble BEDOUS-ORCUN et ce hameau a conservé une dénomination d'origine vasconne, (puisque urki veut dire bouleau en basque alors que Bedous a une étymologie gallo-romaine (domaine des bouleaux)).
Le toponyme Orcun apparaît sous les formes Orqunh (1247, fors d'Aspe), Orcunh (1441, notaires d'Oloron), Orchunh (1449, règlements de la Cour Majour de Béarn), Sanctus-Joannes d'Orcun (1608, insinuations du diocèse d'Oloron). En 1385, alors que Bedous comptait 62 feux ,Orcun en dénombrait 15. Les deux communes dépendaient du bailliage d'Aspe. Orcun possédait également une abbaye laïque, vassale de la vicomté de Béarn.


Le hameau d'ORCUN , cité dès le XIIème siècle , possédait sa chapelle. Cette chapelle , en partie romane, a fait l'objet de restaurations au XVIIème et XVIIIème siècle. En 1740, l'église, fut voutée en bois, et reçut un riche mobilier et des tribunes. Coté sud, un porche sera crée. une nouvelle campagne de restauration aura lieu dans les années 1990, suite à la classification de cette chapelle parmi les monuments historiques.

Autre élément vivant du patrimoine d'ORCUN, c'est son moulin. C' est l'unique moulin en fonctionnement de toute la vallée d'Aspe, et il est devenu une activité touristique professionnelle. Depuis 1722, il été utilisé pour une activité de forge dans le cadre d'une exploitation de transformation du minerai de fer et de cuivre extrait de la montagne de Boureim à Aydiüs.

Cette activité s'étant arrêtée lors de la révolution, le moulin fut reconverti en moulin à farine. A partir de 1836,et pendant plus d'un siècle, le moulin fonctionna à plein régime, et cela jusqu'aux années 1950. En 1958, c'était les dernières cultures de blé de montagne. En 1965, on venait y faire moudre encore un peu de blé ancien, et du maïs. Après une période d'inactivité, il sera restauré dans un but de sauvegarde de ce patrimoine qui a fait vibrer plusieurs générations de la même famille.

Réouvert depuis l'été 1993 au public touristique, scolaire et du troisième âge, il s'intégre dans un ensemble présentant une rivière pour la pêche à la truite, deux sentiers d'interprétation en environnement (eau et paysage) ,un atelier pain pour le jeune public, avec un four à pain attenant. un arboretum d'arbres fruîtiers, une muséographie sur le blé, la farine, le pain, l'eau, etc





plan de BEDOUS
.

 

 

une belle vue BEDOUS depuis la colline avoisinante