MARCIAC

place centrale de la bastide MARCIAC

MARCIAC

L'histoire racontée par les objets...(N1)
ou comme tirées d'un inventaire à la Prévert, une cloche, une croix et une plaque vous conteraient bien l'histoire d'une cité. Elles ont en commun d'être des biens meubles, devenus immeubles par destination. C'est ce qui leur a permis de traverser les siècles, sans attirer l'attention, faisant corps avec les édifices qui les ont abrité(e)s.

... Aujourd'hui elles s'affichent au grand jour. Mais pour l'histoire il faudra encore patienter.

 
L'histoire racontée par les objets...(N2)
Je suis, très certainement , un des plus vieux vestiges de Marciac. Je n'entends pas rivaliser avec les congénères immobiliers de Notre-Dame-de-l'Assomption ou même du cloître des Augustins ; je veux simplement témoigner de mon histoire.
Cloche de la 2e église de Marciac ( pour ceux qui l'ignoreraient une première église aurait été érigée au sud-ouest , avoisinant les remparts en un lieu dit, quartier de Tapios). Jai été fondue en 1536 et placée au clocher de l'église Saint-Pierre.
Cette église a été érigée en même temps que les murs d'enceinte de la ville (vers 1304), rue des Pénitents, aujourd'hui rebaptisée, rue des Jardins ! Les guerres de religion de 1579 ne laisseront debout que le porche. C'est en 1680 qu'Etienne Daignan du Sendat, vicaire général, établira à Marciac la compagnie des Pénitents Blancs. On célèbrera désormais les offices dans l'église Saint-Pierre restaurée.
Mais en 1792, la chapelle sera fermée et même saccagée le 1er décembre 1793 (11 primaire de l'an II) et on ne pourra que sauvegarder un crucifix. Quant à moi, la municipalité décida de m'installer sur le toit de l'Hôtel de Ville où j'égrennerai les heures jusqu'en 1817 !
A cette date je fus transférée dans le clocher de Notre-Dame-de l'Assomption où je m'y trouve encore. Je suis la plus petite des trois cloches actuelles, Notre-Dame, Saint-Joseph et Saint-Pierre.

Epilogue :
L'église Saint-Pierre fut vendue le 10 juillet 1794 (22 messidor an II) au citoyen Vincent de Marciac contre 5000 livres.
Elle sera revendue par ce dernier vers 1830 à sieur Jaymet qui entreprendra sa démolition. En 1837, il ne restait plus rien de l'ancienne église
Et pourtant, il n'est pas rare de trouver encore aujourd'hui, dans les cours aux alentours de l'ex rue des Pénitents, des pierres ayant appartenu à l'édifice.

L'histoire racontée par les objets...(N3)
L'église Saint-Pierre, totalement dévastée par les guerres de religion de 1579, ne revit qu'autour d'une petite enceinte restaurée pour devenir plus tard la chapelle des Pénitents Blancs, compagnie établie en 1680 par Etienne Daignan du Sendat, vicaire général de Monseigneur de la Mothe Houdancourt, archevêque d'Auch. (Faut-il vous rappeler les propos de la cloche ?
Il ne resta que le porche et le clocher !). Je suis un vestige qui remonte, au mieux, à 1680 donc fin XVIIe siècle, et comme croix de procession, j'ai parcouru, rues et places de la bastide de Marciac.
La Révolution apporta son lot de dévastations. La chapelle fut fermée en octobre 1792 pour finir par être totalement saccagée le 11 Primaire an II (1er décembre 1793). Il ne resta que moi, le crucifix de bois qui dominait le maître-autel de cette chapelle.
La tradition rapporte que je fus porté de nuit et caché pendant de longues années sous une meule de paille, près de la métairie de Combailles à Marciac. Je fus rendu à l'abbé Sancet, vicaire perpétuel de 1782 au 17 septembre 1792 qui, parti en exil, reprit ses fonctions comme curé de Marciac le 22 juillet 1802 jusqu'en 1816, où il y mourut.

Placé à l'église Notre-Dame-de-l'Assomption, j'y suis toujours, accroché au pilier de la chapelle dédiée, aujourd'hui, à Saint-Joseph, près de l'entrée latérale sud. Et de là, je peux vous conter tout ce qui s'est passé à Marciac depuis ces temps et surtout dans ce sanctuaire. Mais promis, je n'en veux pas aux Marciacais !

L'histoire racontée par les objets...(N4)
Avant d'aller plus loin dans la narration de l'histoire de Marciac, il serait peut-être utile d'en planter le décor.
Pour cela on peut essayer, avec une description de la bastide à l'avènement du XVIe siècle, son plan à la fin du XVIIIe siècle et un peu d'imagination, de donner corps à ces lieux pour y couler les évènements déjà relatés et ceux qui le seront ultérieurement.

Sources : Texte extrait de "Histoire parroissiale et religieuse de Marciac". Illustrations : Bulletin 4e trimestre 2004 de la "Société Archéologique, Histoirique, Littéraire et Scientifique du Gers" - article de G. Courtès "Une description de Marciac à la fin du XVIIIe siècle" pages 560 (illustration ci-contre) et 559

Pour vous aider à reconstituer ce cadre à partir du texte ci-dessous, un plan de Marciac à la fin du XVIIIe siècle. "... pour jouir de l'aspect vraiment monumental que présentait la bastide de Marciac en 1500 on n'avait qu'à monter sur une colline des environs, sur le plateau par exemple où s'élevait l'antique église de Saint-Martin au sud-ouest de la ville.
Du haut de ce belvédère l'oeil plongeait en toute liberte sur les toits et pignons de la cité qu'entourait une haute muraille crénelée fortifiée de tours à mâchicoulis et ouverte de huit portes à ogive avec herse et pont-levis. En arrière de la muraille au premier plan se déroulait le vaste enclos du monastère des Dominicains avec son grand cloître, ses longues façades monastiques, son église aux baies étroites et son clocher carré couvert d'une toiture à quatre pans. Plus loin, sur la gauche, au milieu d'un fouillis de maisons, se montrait la petite nef de l'église paroissiale de Saint-PIerre avec ses élégantes lancettes et sa jolie rosace regardant le couchant, son petit clocher carré à flèche quadrangulaire formait une dentelure au-dessu de la ligne droite des courtines et des remparts. Au centre de la ville s'étendait la grande place bordée de hautes maisons à pignons au milieu de laquelle se dressait l'Hôtel de Ville aux combles agrémentés de crêtes métallliques et de girouettes dorées. La tour de l'abbatiale à ogives géminées garnies d'auvents et sa haute plate forme à créneaux dominait la place vers le nord. Un peu en arrière le campanile des Augustins ouvrait sur l'horizon une double rangée de lancettes à trois lobes et aiguisait sa svelte pyramide fleuronnée sur l'azur du ciel vers l'orient. Dominant toutes ces tours et ces clochers, Notre-Dame asseyait fièrement sa masse imposante et lançait très haut dans l'espace sa quintuple volée de flèches, superbe et royale couronne posée sur sa religieuse majesté. ..."

... Un peu ce rendu, les remparts en moins
(nb : le clocher de pierre de Notre-Dame a été terminé en 1865 - Paul Mesplé "Marciac, l'église Notre-Dame"

L'histoire racontée par les objets...(N5)

Vous n'avez pas oublié que dans l'inventaire à la Prévert ( se reporter à la rubrique nouveau), une plaque de marbre noir se tenait prête à témoigner d'évènements qui se sont passés hors les murs en forgeant définitivement la notoriété de la bastide.
L'histoire de "Notre-Dame-de-la-Croix" commence en 1654, sur le coteau sud qui domine la citée à environ 800 m des remparts, avec la construction d'une chapelle qui marquera toute une région.
La ville de Marciac, déjà durement touchée pour avoir pris le parti du prince de Condé durant l'épisode de la Fronde, fut confrontée à la famine de 1653, puis à la peste qui décimera la population.
Après maintes péripéties, la commune autorisera la construction de cette chapelle primitive, dans l'espoir que cessent les ravages de la peste, comme l'avait promis la Vierge Marie apparue à Marie Dinguidard le 14 septembre 1654. La tradition atteste de la concomittance entre la fin du fléau et l'érection de la chapelle.
Il n'en reste que des descriptions et la plaque de marbre noir qui porte la dédicace latine de l' édifice, traduite ci-après : "Alors qu'une peste ravageait la ville de Marciac, la Vierge Mère elle-même, ordonna que cet édifice lui fut dédié sous les auspices insignes de la Croix de son Fils". Si la lettre de fondation de la chapelle de Notre-Dame-de-la-Croix a disparu, mention en est cependant faite dans divers actes notariés (8/8/1665- 1713 : 21/03 et 6/04 1655). Quant à la notoriété du site, elle ira grandissante, jusqu'à toucher les pontifes romains.
La période révolutionnaire sera marquée par les mêmes exactions que celles décrites dans les premiers développements. Le détail sera donné ultérieurement. Mais, tout comme pour la croix de procession des Pénitents Blancs (cf. la catégorie nouveau)la plaque de marbre noir fut soustraite aux démolisseurs et dissimulée. Elle sera restituée à l'abbé Sancet qui la fera placer à l'extérieur, au-dessus la porte d'entrée de la chapelle restaurée. Notre-Dame-de-la-Croix suscita, à nouveau, la même dévotion.

Restaurée sans trop de moyens, menaçant ruine, de plus dans l'incapacité d'accueillir tous les fidèles, l'abbé Joseph Lassalle mettra en oeuvre l'idée d'une nouvelle chapelle, construite à 100 m de l'oratoire marquant le lieu de l'apparition, dans un vaste espace gazonné et bordé d'arbustes.
Cette même plaque de marbre noir se retrouve au-dessus de l'arcade du porche de l'actuelle chapelle de Notre-Dame-de-la-Croix, dont les premières fondations furent ouvertes le 14 septembre 1874 et la première pierre posée le 17 octobre 1875. Le texte est aujourd'hui pratiquement illisible. Il faut vraiment scruter la façade pour apercevoir ce vestige de la moitié du XVIIe siècle qui se confond avec elle.

L'histoire racontée par les objets...(N6)
Si jusqu'alors vous aviez quelque peu ignoré la plaque de marbre noir, au dessus du porche de la chapelle de Notre-Dame-de-la-Croix, vous n'avez pas pu ne pas remarquer la statue de la Vierge à l'enfant qui se trouve dans l'oratoire.
L'histoire de cette dernière se confond avec celle du site de la chapelle.
Evoquée dans les descriptions de la chapelle primitive, elle connut des fortunes diverses, notamment à la prériode révolutionnaire.
La tradition se plait à les évoquer... mais ce sera pour plus tard !
De sculpteur inconnu, d'une inspiration proche de la statue de Notre-Dame de Paris placée contre le pilier sud-est du transept, elle représente une Vierge à l'enfant. Celle de Notre-Dame de Paris répond à ce vocable célèbre et date du XIVe siècle.
Ce serait au pied de cette statue que le poète Paul Claudel se serait converti, au cours des vêpres du jour de Noël 1886 (source www.cathedraledeparis.com)
La statue ci-contre est connue comme Notre-Dame-de-la-Croix. Une copie en plâtre a été réalisée par un marciacais, Joseph Rosso, aujourd'hui décédé. Elle a été placée sur le maître autel de la chapelle actuelle, alors que la statue originale (de 1654) se trouve dans l'oratoire, qui dit-on marque le lieu de l'apparition.

La lettre du PLU... et la réalité des faits

Il nous avait été affirmé que le PLU protègerait définitivement la chapelle Notre-Dame-de-la-Croix, son site et son environnement.
Jugez vous-même !
Le chemin rural n 4 , dit "de Travers" prend ici des allures de route (on se croirait dans Harry Potter)! Ce qui au mois de novembre dernier ressemblait encore à une entrée de champ, pourtant déjà bien élargie (voir ci-dessous) se métamorphose en voie d'accès pour desservir les constructions futures qui seront implantées (la viabilité se met en place et ne laisse plus planer aucun doute) et... la future zone d'aménagement urbain et commercial, comme les tracés le laissent deviner.
Comte tenu de sa largeur actuelle, on peut difficilement considérer qu'il s'agit bien là du "chemin piétons/cycles" matérialisé sur les plans du PLU ou du schéma d'aménagement reproduit ci-dessous.

Sa fonction n'est-elle que piétonne ? Où est le respect de la disposition formulée dans le plan, d'interdire tout accès nouveau sur la voie communale n°4 (chemin de la chapelle) ? A moins qu'il faille considérer cet accès comme une "entrée de champ" ?

Document de synthèse

L'histoire racontée par les objets...(N7)
Pouquoi laisser à la cloche, Saint-Pierre, le soin de poursuivre la synthèse de l'histoire de Marciac ? C'est elle qui affiche le plus long passé avec la bastide. Elle connaît bien la cité pour avoir séjourné à trois endroits, stratégiquement bien placés. Enfin, elle a quelques prédispositions à compter(et conter)les heures de cette histoire. Mémoire vive de la ville à partir du XVIe siècle (cf. N2), elle ne fera que brièvement appel à la tradition pour exposer les deux premiers siècles d'existence de Marciac. Pour cela,il faut encore compléter le tableau de Marciac, puis développer cette histoire.
La chronologie des faits voudrait que l'on commençât par la fondation des couvents avant d'évoquer les hôpitaux qui furent créés. Mais pour ne pas rompre le récit par la suite, le développement commencera par ces derniers. Pour les évoquer, pas de meilleure approche que celle faite par monsieur Guy Sembernard p. 114 du Tome III "L'arrondissement de MIrande"(11-2005) édité par la Société Archéologique, Historique, Littéraire et Scientifique du Gers".

L'histoire racontée par les objets ... (N8)
Rue Saint-Justin -Marciac -localisation de l'ancien couvent des Dominicains Le couvent des Dominicains
Moins d'un quart de siècle après la fondation de la bastide, les consuls de Marciac sollicitèrent les moines de l'ordre de Saint-Domique pour qu'ils y fondent un couvent. Nous dirions aujourd'hui, que le principe de fondation fut lancé en 1319 ; l'étude de faisabilité entérinée par le chapite provincial de Castres le 29 juin 1320 (*); la réalisation décrétée par le chapitre provincial d'Agen le 28 août 1322. [(*) entendez par cela, les différentes tractations et actions qui permirent de s'assurer les moyens financiers (dons et offrandes) pour édifier le couvent sur un terrain offert à cette intention, et assurer son organisation et fonctionnement.]. Le premier prieur fut le frère Pierre de Rama, né à La Romieu.

Bien que postérieur à cette histoire, le plan de Marciac déjà publié dans la rubrique "Nouveau - N5" peut être utile pour fixer l'implantation exacte du couvent, intra-muros, et pour permettre d'en mesurer l'importance.
Le couvent des Dominicains fut placé dans la partie sud-ouest de la ville de Marciac. Il occupait un veste enclos carré qui s'appuyait, au sud, aux remparts et qui était délimité, à l'est, par la rue Saint-Justin sur laquelle donnait son entrée principale. Les bâtiments conventuels étaient bordés, au nord, par une ruelle et se développaient sur 92 m pour former un retour, à l'ouest, sur 45 m. Le tout formait un vaste enclos d'une largeur de 85M. L'église du couvent, dédiée à Saint-Dominique et à Notre-Dame du Rosaire, longeait la rue Saint-Justin à droite de l'entrée principale. Décrite aux dimensions de 30 m sur 12 m, elle était dominée, comme tout le couvent, par une tour carrée de trente mètres de haut et sur son flanc ouest s'étendait une place environnée d'un cloître. Seuls se remarquaient le maître autel, dressé au sud, et un retable en bois sculpté adossé à ce mur droit et qui s'élevant du pavé à la voûte. L'ensemble d'une grande simplicité saillait à cet ordre mendiant qui n'avait pas de voûte en pierre ni de contreforts extérieurs. Un lambris en chêne, divisé par de belles fermes du même bois, disposées en forme d'arcs recouvrait la nef et le sanctuaire. Le cloître, qui s'ouvrait à l'ouest de l'église, était délimité par de belles arcatures ogivales portées par des colonnes en marbre, rondes, minces et fort dégagées. Le monastère jouit très rapidement d'une grande prospérité, bénéficiant de fondations et de nombreux dons et offrandes.

Le couvent des Dominicains n'échappa pas aux destructions et saccages des guerres de Religion (1569).Le 10 juillet 1572 les pères furent contraints par les consuls de Marciac de vendre des terres pour payer la rançon que le lieutenant Montgommery avait fait peser sur les religieux. Puis le 26 septembre 1654, ils durent quitter le monastère devant les ravages de la peste qui sévit aussi au sein même de la communauté, tuant deux moines. Ils ne revinrent que le 17 novembre 1654.
La Révolution ferma à tout jamais les portes du couvent, en octobre 1790. Le 16 juin 1791, il fut vendu comme bien national au citoyen Laberon pour la somme de 24500 livres. Ce dernier détruisit la tour, l'église et le cloître. Il vendit les matériaux de la démolition comme produits de carrière. Les bâtiments conventuels furent remaniés en entier et affectés pour partie à l'habitation et pour le reste, ils servirent de remise, d'écuries et de caves. Il ne reste rien du couvent des Dominicains, si ce n'est un pan de mur, rue Saint-Justin et l'empreinte de ce que fut le couvent, qui épouse les murs de clôture de la propriété, toujours, privée.
 
L'histoire racontée par les objets ... (N9)
Le couvent des Augustins
Peu de temps après l'établissement des pères dominicains à Marciac, un nouvel ordre religieux sollicita son implantation à Marciac, les ermites de Saint-Augustin.
Il est toujours aussi utile de se reporter au plan de Marciac, publié dans les séquences N5 et N8 de la rubrique "Nouveau".
Les moines édifièrent dans la partie nord-est de la ville, un église et un cloître.
L'enclos occupé par les bâtiments et les dépendances du couvent des Augustins n'offrait pas la régularité de celui des Dominicains et à la différence de ce dernier, la bastide garde d'importants vestiges qui permettent d'apprécier l'élégance et le caractère monumental de ce qu'il fut.
Il fut, lui aussi, saccagé et incendié lors des guerres de Religion et trois ailes de son cloître détruites. Fermé définitivement en octobre 1790 par la Révolution, il fut vendu, le 10 octobre 1791, comme bien national au citoyen Saint-Martin, fondé de pouvoir demonsieur Jean-Jacques Boussost de Bazillac marquis de Campels et demeurant à Bergain Taillac (Prix : 8730 livres). Comme tous les édifices religieux de la ville, le cloître et les bâtiments conventuels servirent de magasin à fourrage. Le clocher fut transformé en prison pour les parents des déserteurs des armées républicaines.Un fondeur, Duppy, s'y installa dans les années 1813-1814... et y frappa, dit-on, de la fausse monnaie.

Le 10 novembre 1834, les enfants et les héritiers de monsieur Jean-Jacques de Bazillac cédèrent à la ville de Marciac, l'ancien couvent des Augustins, à la condition expresse que la commune y entretienne les dames religieuses de Nevers, pour soigner les malades et donner l'instruction aux jeunes filles. L'ancien couvent devint le florissant pensionnat de "Sainte-Marie des Soeurs de Nevers à Marciac"... jusqu'à leur expulsion en 1904 !
Ce que fut le couvent, mais aucune certitude sur sa vente et sa reconstruction!

L'histoire racontée par les objets ... (N10)
Le cloître du couvent des Augustins
Beaucoup de spéculations sur sa vente et sa reconstruction... outre Atlantique ?
Comment se faire une idée de ce q'il fut ?
Une affaire à suivre !
Le clocher et le toit de l'ex-chapelle du couvent des Augustins vus depuis le clocher de l'église Notre-Dame de l'Assomption. La chapelle du couvent des Augustins ; deux tableaux (sur les 14) du Chemin de Croix dont les soeurs de Nevers firent don à la chapelle Notre-Dame-de-la-Croix quand elles furent expulsées en 1904.
 
L'histoire racontée par les objets ... (N11) "Le petit clocher ", comme l'appellent les Marciacais, est, avec celui de l'église paroissiale, le critère d'identification de la bastide. Le regard est d'emblé attiré par ces deux attributs avant d'embrasser toute l'étendue de la ville.
Classé par arrêté du 19 novembre 1910, il témoigne lui aussi de l'histoire de Marciac. La description retenue est celle faite par l'abbé Cazauran, le 2 septembre 1888, et peut être utilement complétée par celle de la page 118, du tome III "Communes du département du Gers, l'arrondissement de Mirande" de la "Société Archéologique et Architecturale du Gers", article de monsieur G. de Monsembernard.
"... On aperçoit devant soi une façade à gable triangulaire flanquée au nord d'un magnifique clocher que nous allons décrire. Au bas du mur de la façade de la chapelle, grand portail gothique dont les nervures elliptiques à face aplatie reposent sur le sommet de chapiteaux couverts de feuilles de choux frisés et soutenus par des colonnes elliptiques et toriques reposant sur des bases à pans coupés soutenues elles-mêmes par un stylobate qui règne en ressaut le long de toute la façade et de la base du clocher. La perspective fuyante du portail est très belle.
Quatre fenêtres deux à linteau droite, deux à cintre flanquent actuellement le portail que devait autrefois précéder un porche extérieur, si on en juge par les corbelets en ressaut placés au-dessus du portail et la corniche à larmier qui fait saillie au-dessus d'un oculus, aujourd'hui occupé par un cadran d'orloge dont la sonnerie est au contact du pignon du gable. La tour du clocher, nous l'avons dit, est à gauche du portail. A sa base on aperçoit un portail gothique qui ouvre sur les cloîtres où nous entrerons bientôt. Une série de corbeaux s'étage au-dessusdu portail. La tour du clocher comprend cinq compartiments séparés par des corniches à larmier. Le premer compartiment, à la base, a la forme rectangulaire. Au second compartment, les angles de la base s'émoussent comme pour former des gablets triangulaires renversés à chaque angle et la tour devient octogonale. Le second et le troisième compartiment n'ont point d'ouvertures, mais chaque face des deux compartiments supérieurs est munie d'une large baie ogivale dont le sommet intérieur est trilobé et à lobes lancéolés. Une grande corniche servant de base à une galerie supérieure et présentant des gargouilles (animaux) à quelques pans, couronne le clocher au-dessus duquel s'élève hardiment une flèche octogonale dont toutes les arrêtes sont couvertes de crosses végétales.
Nous n'entrerons pas dans l'établissement par le portail de la façade de la chapelle. Nous ne rencontrerions que des classes et des débarras, dans ce qui fut autrefois peut-être le porche intérieur et le choeur des moines (1)..." * ("1) L'établissement des classes ou de salles dans la partie inférieure du bâtiment a probablement poussé à la création des fenêtres signalées à droite et à gauche du portail de la chapelle." * Ces mêmes lieux sont aujourd'hui occupés par les bureaux de "l'Office de Tourisme de Marciac" et les autres dépendances, par "Les territoires du Jazz", "le foyer" ou salle polyvalente, "la salle de cinéma", un entrepôt pour les services techniques de la ville et de l'Office de Tourisme.

L'histoire racontée par les objets ... (N12) "L'ancien couvent des Augustins... était encore un bel édifice au XIXe siècle malgré les dommages subis en 1579 lors de la seconde prise de Marciac par les Protestants..." cf. page 117 Tome III " Les communes du département du Gers, l'arrondissement de Mirande" : article de monsieur G. de Monsembernard - Société Archéologique et Historique du Gers, novembre 2005 (1) (1)"... la porte du XIVe siècle (est) inscrite par un arrêté du 20 juin 1929, ainsi que la façade occidentale de l'ancienne église (arrêté du 10 août 1949)". La description de cette porte ou plus exactement du porche, comme désignée aujourd'hui, (cf. aussi N11) est celle faite par l'abbé Cazauran, le 2 septembre 1888."
"... Nous arriverons à la chapelle par une porte que nous allons bientôt rencontrer sous le cloître dans lequel nous pénétrons par le portail ogival de la base de la tour.
Dès que nous avons franchi le portail de la base de la tour nous nous trouvons dans une sorte de porche intérieur dominé par une voûte en croisée d'ogive dont les nervures saillantes aboutissent, au somet, à une grande clé centrale rectangulaire ouvragée et munie d'un écuu au centre, et dont la retombée repose aux angles sur des consoles ouvragées. A l'angle nord-ouest, figure humaine, à l'angle sud-ouest, écusson avec étoile à l'angle sud-est et à l'angle nord-est feuilles délicatement fouillées.
Franchissant l'arcade orientale du porche, nous entrons dans le cloître...."

L'histoire racontée par les objets ... (N13)
Le cloître de l'ancien couvent des Augustins.
Le cliché ci-contre provient des archives diocésaines d'Auch, comme d'autres documents relatifs à l'histoire de cet ancien couvent. La description du cloître sera une nouvelle fois empruntée à l'abbé Cazauran, lors de sa visite du 2 septembre 1888.
Même recommandation que celle exprimée dans les séquences antérieures, de se reporter aux publications de la "Société Archéologique et Historique du Gers", dont le tome III "Les communes du département du Gers, l'arrondissement de Mirande" - articles de messieurs G. de Monsembernad et de X. Ravier.
"... Franchissant l'arcade orientale du porche, nous entrons dans le cloître. Nous croyonsd'abord nous trouver en présence d'un cloître complet, mais l'illusion ne dure pas longtemps.
Seule la magnifique colonnade méridionale de l'ancien cloître a pu échapper à la main des vandales. Tout le reste a disparu.
Le sol lui-même de la partie du cloître sauvée a perdu son dallage. La voûte est devenue un vulgaire couvert incliné et le mur du nord de la chapelle a pris une teinte noirâtre qu'interrompent seulement une grande fenêtre à lineau droit et deux portes, la première, au centre, ogivale correspondant avec le choeur qui dut précéder la chapelle et la seconde à l'angle nord-est de la chapelle, à linteau droit abritée sous une archivolte en accolade se terminant par un cercle avec croix croisetée au centre qui communique avec la chapelle. Cette porte a de belles dimensions. Elle est flanquée en avant de colonnettes elliptiques en forme de pilastres saillants simulant une perspective fuyante.
Le côté septentrional de la partie du cloître conservée est muni à l'angle nord-ouest, d'une petite porte ogivale ouvrant sur une tour qui flanque le clocher à l'angle Nord-est.
La colonnade se compose de onze arcades ogivales déterminées par treize séries de colonnes en marble blanc géminées deux à deux et reposant par leurs piédestaux à pans coupés sur un large stylobate avec plaques de marbre au sommet.
Toutes les arcades sont pourvues à l'intérieur du cloître d'archivoltes à arc en contre-courbe terminé par un finial épanoui et couvert à l'extrados de feuilles de choux frisées. D'ailleurs ces archivoltes sont séparées les unes des autres par de pyramidions à flèche couverte de crosses d'appui à l'arc triomphal est dominée par une voûte en berceau. La coupole semi-circulaire est voûtée en cul-de-four."
Vendu et démentelé entre les années 1925/26 et 1927, ce sont certainement des articles de presse, parus ultérieurement, qui sont à l'origine de l'idée communément colportée, d'un départ du cloître pour New-York. Et encore... à les lire, pour quelques dollars de plus... c'était le clocher tout entier qui disparaissait !. L''un d'entre eux, très certainement publié dans "Sud-Ouest", donne une précision importante sur la valeur architecturale et artistique du cloître.
Le journaliste cite dans son article "...la description qu'en fait Cénac-Moncaut dans ses "Voyages archéologiques et historiques dans les anciens comptés d'Astarac et de Pardiac" : "Auncun cloître ne nous a présenté des détails aussi précieux... Chaque arcade se trouve ornée de détails que le XVe siècle prodigua sur les arcs à tombeaux et sur les grandes portes des églises. C'est là ce qui forme le cachet particulier du cloître de Marciac". Les recherches continuent pour savoir ce qu'est devenu le cloître. Une certitude, il n'est pas à New-York !

L'histoire racontée par les objets ... (N14)
Le cliché ci-contre est un des seuls qui subsiste de la chapelle de l'ancien couvent des Augustins. (Source: archives diocésaines d'Auch)
Se référer aussi à l'article de monsieur G. de Monsembernard, Tome III "Communes du département du Gers, l'arrondissement de Mirande" 'Société Archéologique et Historique du Gers" où il rappelle, à la page 118, le démantèlement de l'ancien couvent dont on ne put sauver que quelques éléments immeubles, façade de la chapelle, porte et clocher. Cloître et stalles ont été vendus et dispersés entre 1925/26 et 1927. Les stalles devraient pouvoir se retouver en Suisse ? Là aussi, les recherhces continuent. En attendant d'en savoir plus, la description de l'abbé Sembrès (début XXe siècle) va permettre de faire revivre ce lieu.
"L'église du couvent des Augustins était autrefois beaucoup plus longue qu'elle ne l'est actuellement, elle possédait une nef de 20 mètres de longueur sur 11 mètres 80 de largeur, et d'un choeur avec sanctuaire de mêmes dimensions que la nef.
Elle était orientée et présentait en plan un long parallélogramme de 40 mètres de long sur 11mètres 80 de large, elle était ouverte sur sa façade occidentales d'un beau portail gothique qui existe encore aujourd'hui à triple voussures et à triple rang de colonnettes sommées de chapiteaux accusant les dernières années du XIVe siècle. Sur le flanc nord de la façade occidentale s'élève un élégant clocher en pierre à base carrée.... Hauteur totale du clocher du couvent des Augustins... 55 mètres, longueur de l'église actuelle... 20 mètres, largeur de l'église actuelle... 11m80, hauteur sous la voûte en charpente... 10m50.
L'église des Augustins 'aujourd'hui chapelle des soeurs de Nevers) ne comprend plus que l'ancien choeur des religieux, l'ancienne nef est séparée maintenant de l'enceinte du choeur par un mauvais colombage en bois garni de trouchis et percéde trois mauvaises croisées ogivales. Deux grandes salles d'infirmerie sur le haut, une salle de classe sur le bas et une remise pour décharges occupent aujourd'hui l'ancienne nef de l'église. Le choeur seul qui est resté affecté au culte comprend 58 stalles en bois de chêne sculptées : 36 hautes stalles et 22 basses. Les deux parecloses (?) qui limitent au nord et au sud le rang des hautes stalles en entrant par la porte d'honneur à l'ouest sont ornées toutes les deux de belles arcades en accolade dans l'intérieur desquelles se détachent en demi relief deux statues. A la parclore du sud on voit un évêque debout revêtu de ses ornements pontificaux la tête couverte de la mitre, la main gauche appuyée sur la hampe de la crosse, la main droite levée pour bénir. C'est l'image de S aint Augustin patron de l'ordre et du couvent. En face sur la parclore du nord une sainte revêtue de l'humble livrée du Carmel porte sur sa main gauche le livre de ses enseignements ou de ses visions.
La dernière pareclore qui a l'est arrête à l'aspect du sanctuaire la série de hautes stalles au côté nord de l'église porte sculpté en demi relief un personnage représentant un moine Dominicain, la tête rasée avec le nimbe autour du front. Ce moine tient à la main gauche un livre ouvert sur les pages duquel se voit une étoile aux pointes . A la main droite il tient une tige de lys fleuri et sur sa poitrine se voit ...une seconde étoile à six pointes. Ne serait-ce pas l'image de Saint-Thomas d'Aquin ?
Le maître autel de la chapelle du couvent est en marbre, très simple et dépourvu de sculptures, au dessus appendu au mur terminal un grand tableau peintsur toile représente l'Assomption de la Sainte Vierge. Contre les pieds droits del'arcade en pierre qui ouvre surle sanctuaire sont adossés deux petits autels en marbre très simples, celui de Saint-Joseph et de la Sainte Vierge.L'allée du cloître sans voûte qui longe le côté nord extérieur de l'église a 30 mètres de long sur 4m40 de large, il se compose encore de 11 aractures ogivales portées sur des colonnes géminées à chapiteaux historiés."

L'histoire racontée par les objets ...(N15)
Avant de reprendre le cours de l'histoire de Marciac, il faut que je vous présente une personne qui marquera beaucoup l'histoire de la bastide, le curé-doyen Ernest Belliard. Chargé du ministère de la paroisse de Notre-Dame de l'Assomption en juillet 1926, il acquittera sa tâche jusqu'en 1951. Pourquoi un tel saut dans ce passé proche ?
La raison est simple. Je vais emprunter à "La Voix de Notre-Dame-de-la-Croix", mensuel que fera paraître le nouveau curé doyen de Marciac, Ernest Béliard, des articles rédigés par Henri Carrère, autre grande figure de Marciac.
Le "dictionnaire biographique de l'Antiquité à nos jours"- Le Gers - sous la direction de G. Courtès, Société Archéologique et Historique du Gers, parle de ce dernier en ces termes :
"Carrère Henri (Marciac, 7 mai 1857 -ibidem, 24 avril 1932) Avocat et écrivain. Neveu d'Edourd Abeilhé, il est l'auteur d'un roman paru au début du siècle, Ma chère Denise, mémoires d'un jobard, dans lequel il dépeint la vie d'une petite cité gersoise (à la fois Marciac et Mirande) dans les années 1900 et qui, s'il est bien oublié aujourd'hui, rencontra à sa sortie un grand succès."
On peut ajouter qu' Henri Carrère était docteur en droit et membre de la Société des Gens de Lettres. Il fut le président du Conseil paroissial de Marciac, comme le relate "la Semaine religieuse" de l'archidiocèse d'Auch, N° 19 du 10 mai 1930. Cet éloge lui fut rendu "... Comblé des dons de l'esprit et du coeur, il sut mettre au service de Dieu par sa plume et par ses exemples tout ce qu'il avait reçu de la divine perfecion".
Il ne reste plus qu'à décourvir l'écrivain et sa contribution au succès de "La Voix de Notre-Dame de la Croix".

L'histoire racontée par les objets ... (N16) Henri CARRERE (cf. N15) en acceptant de se charger de la rubrique "Histoire de Marciac" contribuera, pour sa part, au succès du mensuel que lancera le nouveau curé-doyen de Marciac, Ernest Béliard (cf.N15), dès janvier 1927, "La Voix de Notre-Dame de la Croix". Ce bulletin cantonal regroupait les paroisses de Marciac, Monlezun, Ladevèze, Ricourt, Cazaux-Villecomtal, Juillac.
Il paraîtra jusqu'en 1951.
La narration de l'histoire de Marciac commença en juin 1927 pour se terminer avec le numéo de mars 1931. J'ai retenu, entre autre, l'extrait paru dans le numéro 12 de décembre 1927. (Nb.Le texte stricto sensu est repris en italique)
"Avant d'aborder l'histoire proprement dite de Marciac, d'entrer dans le récit des évènements notoires qui marquèrent son existence, depuis sa fondation jusqu'à nos jours, il reste à faire connaître son organisation municipale, le régime administratif auquel fut assujettie la nouvelle bastide.
1. Les consuls
L'administration de la ville est assurée par quatre consuls élus chaque année, la veille de la fête de Noël, par l'ensemble de la population et voilà, déjà, la mise en pratique du suffrage universel. Si, pour une raison quelconque, cette élection n'a pu avoir lieu, disent les coutumes, les consuls sortants conservent leur charge jusqu'à la nomination de leurs successeurs par le roi et les paréagiers, ou leurs mandataires. Ces magistrats municipaux étaient préposés à la garde de la ville et veillaient à son entretient. La propreté des rues était rigoureusement exigée, et tout individu qui y déposait ou y laissait trainer des immondices se voyait frappé d'une peine pécuniaire (coutumes). Faisant office d'agents-voyers, ils veillaient aussi au bon état des routes ; ils consacraient à leurs réparations et à celles des ponts le produit des amendes infligées aux délinquants. Ils assumaient la gestion des biens et des revenus de la commune, établissaient le budget annuel, fixaient les taxes, répartissaient les impôts, commandaient la milice bourgeoise et participaient à la répression des délits et des crimes, conjointement avec le bailli.
Lorsqu'il s'agissait d'affaires importantes où l'intérêt de la ville se trouvait engagé, les consuls s'adjoignaient un certain nombre de notables qui prenaient part à leurs délibérations et formaient ainsi un véritable Conseil Municipal.
Avant de prendre leurs fonctions, les consuls nouvellement élus prêtaient serment au roi, au comte de Pardiac et à l'abbé de la Case-Dieu, promettant de les remplir en toute diligence et honnêteté ; ils revêtaient pour cette cérémonie, comme en d'autres circonstances solennelles leur costume spécial : robe noire et rouge et chaperon.

L'histoire racontée par les objets ... (N17)
Le mensuel, "La Voix de Notre-Dame de la Croix", dont la couverture du 1er numéro est reproduite ci-contre (sources : archives diocésaines d'Auch),connut très rapidement le succès grâce à sa façon moderne de communiquer, son contenu, tant et si bien qu'il esséma bien au-delà du canton. Il joua le rôle de lien entre le pays natal et ceux que l'on désignerait aujourd'hui comme des "expatriés".
Mais qu'en est-il de la suite du Ve chapitre de l'"Histoire de Marciac" ? "Les premiers marciacais choisis en 1299 pour remplir la charge de consuls furent : Armand-Guillaume de Villeneuve, Dominique du Chêne, Garsie Molinier et Raymond de Baudéan. A la lecture de ces noms aristocratiques on pourrait penser que Marciac était, dès sa naissance, peuplé de hobreaux ; qu'on n 'en croie rien. En ce temps la aprticule ne témoignait d'aucune noblesse. L'origine des noms de famille est assez récente. On s'appelait alors Pierre ou Paul, Jacques ou Thomas, on ajoutait à leur nom de baptême un "surnom" : tantôt un sobriquet, tantôt "un signe particulier" caractérisant la personne désignée, comme Legros, Lefort, Lebègue et, fréquemment, le nom du lieu d'où la personne était originaire, comme du Bois, du Moulin ou du Casse (cassou, chêne).
2. Le bailli
"Le bailli, représentant du roi, concourrait avec les consuls à l'administration de la villr : il détenait, en même temps, des pouvoirs politiques, financiers, militaires et judiciaires. Il était seul compétent en matières civiles dans les procès qui pouvaient s'émever entre les habitants de la cité. Il jurait, lui aussi, de remplir fidèlement son office et, comme garantie de son impartialité, de n'accepter de des administrés, ni présents, ni services. Le premier bailli de Marciac fut Jean Crozet, le rédacteur du paréage..." Divers chroniqueurs chercheront à reconstituer la liste des administrateurs de la commune de Marciac depuis sa fondation. Ainsi à une époque qui importera beauoup à Marciac, en 1653, il est relevé dans "L'histoire paroissiale et religieuse de Marciac" les noms de Manaud Villas docteur en médecine, Jean Abède avocat et Jean Perès, consuls. Autre élément distinctif, l'armorial... mais il faudra patienter un peu. A suivre !

L'histoire racontée par les objets ... (N18)
Le... les blasons de Marciac !
A la verrière principale de l'église "Notre-Dame de l'Assomption" de Marciac (photographie ci-contre) figurent les armes de la ville. Qui pourra répondre à la question posée par Henri Carrère dans son article "V", numéro 12 de"La Voix de Notre-Dame de la Croix", dont le texte continue ci-après (cf. infra N17,16,15). "Marciac, ainsi que les autres bastides, reçut ses armes. Ce blason que l'on peut voir encore, ornant la clé de voûte du porche que surmonte le clocher du couvent desAugustins, est parti, c'est-à-dire divisé en deux de haut en bas. Il porte : à gauchecinq fleurs de lis, à droite deux clés posées en pal (verticalement). Les fleurs de lis attestaient que Marciac, ville royale, ne dépendait que du roi, était placée sous sa tutelle ; les clés symbolisaient son indépendance, son droit de tenir ses portes ouvertes ou fermées, droit que possède tout propriétaire d'une maison, maître chez lui. Cf. Ci-dessus - Le blason qui décore ce haut du vitrail principal de l'église paroissiale diffère sensiblement du précedent.
Les clés d'or yfigurent toujours, mais les fleurs de lis sont remplacées par trois losanges. D'où vient cette substitution et quand fut-elle faite ? Ces losanges, que porte aussi un second blason de côté à celui de la ville, constituaient-ils les armes de Guichard de Marciac, fondateur ? Je laisse à d'autres le soin de résoudre ce petit problème...."
Reste encore un dernier élément caractérisant la localité... et c'est pourquoi, en toute modestie, que j'ai retenu le texte d'Henri Carrère.

L'histoire racontée par les objets ... (19)
Rappelez-vous !Le narrateur ... la cloche Saint-Pierre !
Henri Carrère apporte une appréciation qui résume bien la fonction.
"En terminant la description de notre Marciac d'autrefois, je ne veux pas oublier sa cloche communale, autre symbole de sa franchise, de son droit à se gouverner par lui-même, dans l'observations de ses coutumes ; la cloche communale, qui du sommet du beffroi dominant la place et situé vraisemblablement sur l'emplacement dela mairie actuelle, était mise en branle en cas d'alarme, convoquait le peuple aux assemblées, marquait l'heure du couvre-feu, prévenait les marciacais que les portes allaient se clore et les chaînes se tendre devant les ponts-levis, garantissant ainsi la paix de leur sommeil."


 


L'histoire de MARCIAC, racontée par un spécialiste du patrimoine , une extraction de http://marciac.typepad.com/blogmarciac/


Via Tolosana ou Voie du Gers