SAINT JACQUES ET LE CHEMIN. NAVARRE.

On raconte que St Jacques apparut en rêve à Charlemagne et lui indiqua où était son tombeau. Le supposé tombeau de St Jacques fut découvert au début du IXe siècle. Ce fut une Translatio, un transfert miraculeux de sa dépouille, étant donné qu'il n'y était jamais allé.

Au Moyen Age, la Galice était le Fines Terrae, là où le monde finissait. Au Sud, restaient les infidèles sarrasins. Le Royaume des Asturies avait besoin de se renforcer idéologiquement; l'économie peu florissante avait besoin d'un nouvel élan commercial, il fallait donc une route importante et sûre... pour diverses raisons à la fois religieuses, politiques et socioéconomiques, le grand chemin de pèlerinage chrétien fut créé.

En Navarre, existaient plusieurs routes qui suivaient d'anciennes voies romaines: Somport - Sangüesa, Baztan - Belate , Sakana, Zuberoa - Roncal, Izura/Ostabat - Orreaga/Roncevaux...

Au XIIe siècle Sanche le Fort décida de mettre l'accent sur une seule route pour renforcer les aspects socioéconomiques et de nombreuses petites villes apparurent tout le long du chemin, avec des lois spéciales pour privilégier les investissements de capitaux étrangers. Divers bourgs de francs surgirent aussi, avec d'importants secteurs juifs. Ce chemin fut appelé le français. Né de la confluence des principales ramifications à Ostabat, en Basse Navarre, il passait par Ibañeta, Pampelune, Lizarra/Estella et enfin Viana. A Garès/Puente la Reina venait le chemin d'Aragon.

LE BAZTAN ET LE CHEMIN

Le Baztan s'articule autour de la rivière du même nom et le chemin qui va de Pampelune à Bayonne. Le chemin qui passait par Belate et le Baztan, utilisé depuis l'antiquité, a joué un rôle essentiel pour la Navarre pendant des siècles étant donné que Bayonne était avec Pasaia/Pasajes l'accès principal à la mer. Les voies de transhumance et commerciales étaient celles que les pèlerins empruntaient. La revitalisation du pèlerinage à Compostelle dans les années 60 se concentre sur le chemin dit Français, qui allait d'Ostabat/Izura en passant par Roncevaux/ Orreaga, oubliant les chemins secondaires, pas dépourvus d'histoire pour autant.

Les auberges et établissements religieux qui bordent ce chemin, Uztaritze, Zuraide, Urdazubi/Urdax, Urrasun, San Blas d'Arizkun, Elizondo, Aniz, San Blas d'Almandoz, Belate ou Arre témoignent de cette tradition de pèlerinage et d'accueil du visiteur.

La récupération du Baztan comme chemin de pèlerinage se consolide de jour en jour. Il est de mieux en mieux balisé et l'hébergement de mieux en mieux adapté. Cela nous offre une nouvelle chance de connaître nos chemins et notre terre, le monde rural à pied, sans se presser et surtout sans les effluves d'essence filtrés à travers la vitre. 100 km séparent ces deux belles villes unies pendant leur histoire par des liens socioéconomiques et par une même culture, un même peuple.